
Ash-e anar (soupe persane à la grenade et aux boulettes de viande)

Une soupe acidulée du nord de l'Iran, où la mélasse de grenade et le sucre se répondent. Les boulettes sont liées au riz plutôt qu'à l'œuf ou à la mie.
L'ash-e anar se fait au moment de la récolte des grenades, à l'automne, dans les provinces du nord de l'Iran où l'arbre pousse. Il appartient à la famille nombreuse des ash, ces soupes épaisses d'herbes et de légumineuses qui sont à la cuisine persane ce que les potages sont à la française, et il s'en distingue par son acidité, franche et assumée. L'équilibre aigre-doux est le sujet du plat, et il se règle à la fin plutôt qu'au début. La mélasse de grenade est une réduction de jus concentrée jusqu'à un pH d'environ 2,8, aussi acide qu'un jus de citron, et elle varie énormément d'une marque à l'autre : certaines sont presque sucrées, d'autres mordantes. On en met donc une base, on goûte, et on corrige au sucre jusqu'à ce qu'aucune des deux saveurs ne domine. Un cuisinier iranien dira que la soupe doit être malas, un mot qui désigne exactement cette zone où l'aigre et le doux se tiennent. Les boulettes, les koofteh, sont liées au riz rond cru mélangé à la viande. Il gonfle en cuisant à l'intérieur de la boulette, absorbe l'eau rendue par les fibres musculaires qui se contractent, et tient tout ensemble sans œuf ni pain. C'est une liaison qui n'existe que dans une cuisson humide : la même boulette à la poêle serait sèche et crayeuse. Il faut les déposer dans la soupe frémissante et ne surtout pas remuer pendant les dix premières minutes, le temps que les protéines de surface coagulent et forment une peau.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 3 848 g préparés, 641 g par personne
⚠️ Allergènes :
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Étape 3 — Les boulettes se forment à l'avance et attendent au frais sur une assiette filmée.
Étape 6 — La soupe entière se fait la veille ; ne garder que les graines de grenade pour le moment de servir.
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Émincer deux oignons et les faire revenir dans l'huile avec le curcuma, 12 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient dorés.
Ajouter les pois cassés rincés et 80 g de riz, verser l'eau, et laisser cuire 40 minutes à frémissement.
C’est prêt quand : Les pois cassés s'écrasent entre deux doigts mais le riz tient encore : c'est le moment d'ajouter les boulettes.
Pendant ce temps, râper le troisième oignon, le presser pour en retirer le jus, et le mélanger à la viande hachée, au reste du riz cru, au sel et au poivre. Pétrir deux minutes à la main jusqu'à ce que la masse devienne collante, puis former des boulettes de la taille d'une noix.
Déposer les boulettes une à une dans la soupe frémissante et ne pas remuer pendant 10 minutes, le temps qu'elles prennent.
C’est prêt quand : Les boulettes sont remontées en surface et ne s'enfoncent plus quand on pousse la casserole.
Hacher le persil, la coriandre, la menthe et les épinards, et les ajouter. Poursuivre 20 minutes.
Verser la mélasse de grenade et le sucre, puis goûter. Corriger jusqu'à ce que ni l'acide ni le sucré ne prenne le dessus : c'est la seule chose à régler dans cette recette.
C’est prêt quand : Une cuillerée goûtée seule pique un peu à l'arrière de la langue, puis s'arrondit. Si l'acide reste en bouche, il manque du sucre.
Servir avec les graines de grenade fraîches jetées dessus au dernier moment.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : La viande n'a pas été pétrie assez longtemps, ou le liquide bouillait au lieu de frémir quand elles sont entrées (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : La soupe reste excellente et devient simplement une soupe à la viande hachée. La prochaine fois, pétrir jusqu'à ce que la masse colle aux doigts et baisser le feu avant de déposer les boulettes.
Pourquoi : Toute la mélasse a été versée d'un coup, et elle était du type très acide (Acidité et pH)
Rattrapage : Ajouter du sucre par cuillerée à café en goûtant à chaque fois, et au besoin une louche d'eau chaude. On remonte toujours une soupe trop acide, jamais une soupe trop sucrée.
Pourquoi : Elles ont bouilli trop longtemps (Chlorophylle et couleur des légumes verts)
Rattrapage : Rajouter une poignée d'herbes fraîches hachées hors du feu juste avant de servir : elles rendent la couleur et le parfum en une minute.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À feu doux, en rallongeant d'eau bouillante : le riz des boulettes continue d'absorber au froid.
Elle est meilleure le lendemain, l'aigre-doux s'étant fondu. Les graines de grenade se rajoutent fraîches à chaque service.
Remplacer les boulettes de viande par des boulettes de pois chiches écrasés et de riz, liées à la farine de pois chiche. L'aigre-doux de la soupe, lui, ne change pas.
Un pain plat chaud, qui sert à saucer et à pousser les boulettes
Doogh, yaourt salé allongé d'eau gazeuse et parfumé à la menthe

La mélasse de grenade et le sucre sont les deux manettes de la recette : l'acide de la mélasse relève tout le reste, le sucre le ramène en arrière. On corrige à la toute fin parce que l'acidité se perçoit différemment une fois la soupe chaude et salée.
L'acide raffermit les protéines, ralentit l'oxydation, équilibre le goût et active le bicarbonate.

Le riz cru mis dans les boulettes gonfle à l'intérieur de la viande et la fait tenir : c'est lui, et non l'œuf absent, qui empêche les boulettes de se déliter.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Pétrir la viande deux minutes jusqu'à ce qu'elle devienne collante extrait les protéines myofibrillaires, qui se lient à la cuisson. Une viande simplement mélangée s'émiette dans le bouillon.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Les douze minutes d'oignon au curcuma ne sont pas de l'impatience : c'est là que se fait la base brune dont le bouillon tirera sa profondeur, et aucune épice ajoutée plus tard ne la remplacera.
Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

Les oignons de la base sont émincés fin pour fondre complètement ; celui des boulettes est râpé puis pressé, pour donner son goût sans son eau.

Frémissement et non ébullition pendant les 40 minutes de pois cassés : à gros bouillons ils éclatent et troublent la soupe avant d'être cuits.

Les boulettes sont posées une à une dans le liquide frémissant et on ne touche plus à rien pendant dix minutes. Remuer trop tôt les casse, et c'est la seule faute irrattrapable de la recette.

Goûter après la mélasse, corriger, regoûter. L'équilibre aigre-doux est la recette ; le reste n'est que de la cuisson.