
Ce n'est pas du laurier : la feuille de bois d'Inde sent le clou de girofle, et deux suffisent là où le laurier en demanderait quatre.
7 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine créole.
Toute l’année
rien à attendre
2 ans
1 an une fois entamé
3kg CO₂e / kg
Modérée pour un ingrédient brut
313kcal
pour 100 g
pour 100 g, source estimation, fiabilité faible
0.3 g
en moyenne
moyen
| Pour 100 g | |
|---|---|
Macro-élémentsminéraux dont le corps contient des grammes | |
| Calcium | 834 mg |
| Magnésium | 120 mg |
| Phosphore | 113 mg |
| Potassium | 529 mg |
Oligo-élémentsminéraux présents à l’état de traces | |
| Cuivre | 0,42 mg |
| Fer | 43,00 mg |
| Manganèse | 8,17 mg |
| Sélénium | 2,8 µg |
| Zinc | 3,70 mg |
Vitamines liposolublessolubles dans les graisses, elles arrivent avec les lipides | |
| Vitamine A (équivalents rétinol) | 309 µg |
| Vitamine D | 0,00 µg |
Vitamines hydrosolublessolubles dans l’eau, une partie passe dans l’eau de cuisson | |
| Vitamine C | 46,5 mg |
| Vitamine B1 (thiamine) | 0,01 mg |
| Vitamine B2 (riboflavine) | 0,42 mg |
| Vitamine B3 (niacine) | 2,01 mg |
| Vitamine B6 | 1,74 mg |
| Vitamine B9 (folates) | 180 µg |
| Vitamine B12 | 0,00 µg |
Le bois d'Inde est le Pimenta racemosa, un cousin antillais du piment de la Jamaïque, et sa feuille n'a de commun avec le laurier que la silhouette. Fraîche, elle est épaisse, coriace, d'un vert sombre luisant dessus et mat dessous, et froissée elle libère aussitôt une odeur de girofle et de poivre. Séchée, elle doit rester souple et entière plutôt que cassante et brunie : une feuille qui s'émiette entre les doigts a déjà perdu son eugénol. On la trouve en botte dans les épiceries antillaises, souvent liée avec de la cive et du thym pays sous le nom de bouquet créole, et parfois au rayon surgelé, ce qui est la meilleure façon de la garder fraîche loin des Antilles. Méfiez-vous des sachets vendus simplement comme laurier antillais : c'est parfois du vrai laurier, qui ne donne pas du tout le même plat.
Séchées, les feuilles se gardent un an dans un bocal hermétique, à l'abri de la lumière et loin de la plaque de cuisson : l'eugénol est volatil et une boîte ouverte tous les jours dans un placard chaud est vide de parfum en quelques mois. Fraîches, elles tiennent une à deux semaines au réfrigérateur dans un sac fermé avec une feuille de papier absorbant, et se congèlent très bien à plat, ce qui est la seule méthode qui garde vraiment le nez du produit frais : elles s'emploient alors sans décongeler. Une feuille qui ne sent plus rien quand on la froisse ne parfumera pas davantage le bouillon, quelle que soit la durée de cuisson.
Sécurité alimentaire
Le bois d'Inde ne se remplace pas par du laurier sauce, qui est résineux et amer là où lui est chaud et giroflé. À défaut, un demi clou de girofle plus une pincée de piment de la Jamaïque par feuille approchent le compte.
Froisser la feuille avant de l'ajouter
Les cellules à huile essentielle sont enfermées dans l'épaisseur de la feuille, et une feuille jetée entière dans un bouillon en libère à peine le quart. Roulée en boule dans la paume jusqu'à ce qu'elle craque, elle donne tout dès les premières minutes. C'est le geste qui fait la différence entre deux feuilles bien employées et six feuilles gaspillées.
L'infuser dans le liquide, pas la frire à sec
L'eugénol passe dans l'eau comme dans le gras, mais il brûle vite : une feuille jetée dans une huile fumante noircit et donne un fond âcre qui ne part plus. Ajoutez-la avec le liquide, au moment où la marmite passe au frémissement, et laissez-la infuser tout le mijotage.
La retirer avant de servir
Elle reste coriace après trois heures de cuisson et personne n'a envie de la mâcher. Comptez les feuilles en les mettant et recomptez-les en les sortant, ou liez-les au thym et à la cive en bouquet, ce que fait la cuisine créole depuis toujours pour exactement cette raison.
Marge d'erreur
exigeant
Elle pardonne peu par excès : trois feuilles dans un colombo pour quatre et le girofle prend toute la place, au point de donner ce goût de cabinet dentaire que le clou de girofle produit aussi. Par défaut, en revanche, le plat n'est pas raté, seulement plus plat. Commencez par deux et goûtez à mi-cuisson.
Ni torréfaction ni bain de gras préalable : l'eugénol de la feuille est déjà disponible, il suffit de rompre les cellules en froissant et de laisser le liquide chaud faire le reste. Une feuille passée à la poêle avant le mijotage perd plus qu'elle ne gagne.
Entière, la feuille protège ses huiles dans son épaisseur et tient une saison de cuisine. Réduite en poudre, elle expose toute sa surface à l'air et devient en deux mois une poudre verte sans odeur, ce qui explique qu'on ne la vende presque jamais moulue.
Le mijotage adoucit sa pointe amère et diffuse dans tout le liquide ses notes chaudes de girofle et de poivre, qui tiennent jusqu'au réchauffage du lendemain.
Ce que les 1935 recettes du site en disent, et non ce qu’une théorie des arômes prédirait. Plus un aliment est proche du centre et large, plus il revient dans les mêmes recettes ; plus le trait est épais, plus la rencontre dépasse ce que le hasard expliquerait.
Boudin créole (boudin noir antillais au piment et au bois d'Inde)
3 feuilleColombo de porc
2 feuilleDombrés aux crevettes (boulettes de farine mijotées à la créole)
2 feuilleFricassée de poulet au citron vert à l'antillaise
3 feuilleMatoutou de crabe (crabes mijotés au riz créole)
3 feuillePâté salé martiniquais (tourte feuilletée à la viande)
2 feuilleTrempage (pain trempé à la morue, à la mode martiniquaise)
2 feuilleLa science derrière
Les gestes
Le matériel
Quand ça rate
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