
Boudin créole (boudin noir antillais au piment et au bois d'Inde)

Le boudin des Antilles est plus maigre et bien plus relevé que celui de métropole : pas de pomme, pas de crème, mais un hachis fin d'oignon, de cive et de piment, du bois d'Inde, et de la mie de pain trempée dans le lait. Il se poche à 85 °C, jamais à gros bouillons, et se mange chaud à l'apéritif.
Le boudin créole est le premier plat des fêtes : on en achète au bord de la route, au verre de punch, et on en fait des mètres pour Noël. Il vient du boudin français, mais l'assaisonnement est passé du côté du piment, et l'usage aussi : là où le boudin métropolitain est un plat de table servi avec des pommes, celui-ci se coupe en tronçons de trois centimètres qu'on mange debout, avec les doigts.
Difficulté: 4/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 2 391 g préparés, 299 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 4 — L'appareil peut reposer quelques heures au frais avant l'embossage, et les arômes y gagnent.
Étape 8 — Les boudins pochés se gardent trois jours et se réchauffent doucement au moment de servir.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Rincez les boyaux à grande eau, retournez-les et laissez-les tremper une demi-heure dans de l'eau citronnée. Ils doivent perdre leur sel et toute odeur.
Faites tremper le pain de mie dans le lait tiède, puis pressez-le entre vos mains.
Hachez très finement les oignons, les cives, l'ail, le thym effeuillé et le piment épépiné. Le hachis doit être fin : un morceau qui reste entier crève le boyau au remplissage.
Faites fondre le saindoux et faites-y suer le hachis à feu doux, sans coloration. Laissez refroidir complètement.
C’est prêt quand : L'appareil est homogène, d'un brun sombre uniforme, sans traînée de mie sèche.
Mélangez le sang, le pain pressé, le hachis refroidi, les clous de girofle pilés, la muscade râpée, le sel et le poivre. Goûtez l'assaisonnement en faisant frire une cuillerée du mélange : cru, il ne se goûte pas.
Enfilez un boyau sur l'entonnoir, nouez l'extrémité et remplissez-le aux deux tiers seulement : le boudin gonfle à la cuisson et un boyau plein éclate. Nouez tous les quinze centimètres.
Plongez les boudins dans une eau à 85 °C, frémissante et jamais bouillante, avec les feuilles de bois d'Inde. Piquez-en un après vingt minutes : si le liquide qui perle est clair, ils sont cuits.
C’est prêt quand : L'eau fume et frémit en surface sans qu'aucune bulle ne monte du fond.
Sortez-les à l'écumoire et laissez-les tiédir sur un torchon. Servez-les chauds, en tronçons, avec un trait de citron vert.
C’est prêt quand : Une aiguille plantée au centre ressort propre, sans sang rosé.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Eau trop chaude, boyaux trop remplis, ou boudins non piqués. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Baissez immédiatement le feu et ajoutez un verre d'eau froide. Ceux qui ont éclaté se mangent en vrac, à la poêle.
Pourquoi : Le sang a commencé à coaguler avant l'embossage, ou l'appareil a été chauffé. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Rien à faire. Travaillez toujours l'appareil froid et embossez sans attendre.
Pourquoi : Pas assez de mie, ou pas assez de gras dans l'appareil. (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Servez-le avec une sauce chien. La prochaine fois, comptez cent grammes de mie et un peu de saindoux pour un litre de sang.
Pourquoi : Boyau mal dessalé ou entonnoir trop étroit.
Rattrapage : Laissez le boyau tremper vingt minutes de plus dans l'eau tiède : il redevient souple et glisse sur l'entonnoir.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : en boîte hermétique, une fois complètement refroidi
Réchauffage : dix minutes dans une eau à 80 °C, ou à la poêle à feu doux avec une goutte d'huile
Trois jours au réfrigérateur, trois mois au congélateur une fois pochés et refroidis. Un boudin réchauffé à feu vif éclate aussi bien qu'un boudin cuit à feu vif.
Le même appareil sans sang, monté sur du lait et de la mie, avec du poisson ou de la volaille hachée.
Une version guadeloupéenne où le potiron cuit et écrasé remplace une partie de la mie : plus douce et plus colorée.
De la morue dessalée et effeuillée à la place du sang, avec les mêmes aromates. C'est le boudin de Carême.
Un rouge léger et frais, gamay ou pinot noir servi à 14 °C

Le sang coagule vers 70 °C. Le boudin se poche donc à 85 °C au maximum : au-delà, les protéines se contractent brutalement, le boudin gonfle et le boyau éclate. C'est la seule température qui compte dans cette recette.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

La mie de pain trempée dans le lait absorbe le sang et l'empêche de coaguler en un bloc compact. C'est elle qui fait la texture crémeuse du boudin antillais, très différente d'un boudin français au gras.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le bois d'Inde, le piment, l'ail et les cives infusent dans un appareil liquide et froid : les arômes se répartissent uniformément avant que la coagulation ne fige tout.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Le sel est mis dans l'appareil cru, où il diffuse partout. Un boudin salé après cuisson n'est salé qu'en surface, et la différence s'entend à la première bouchée.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Un bain à 85 °C, jamais plus : l'eau doit frémir en surface sans jamais faire de bulles.

Oignons, cives, ail et piment finement mixés : un morceau reconnaissable dans un boudin est un défaut.

Le boudin se pique à l'aiguille dès qu'il est immergé, pour laisser l'air s'échapper avant qu'il ne fasse éclater le boyau.

Les feuilles de bois d'Inde infusent dans le lait chaud, qui trempe ensuite la mie : c'est ainsi que le parfum se répartit partout.

Les boyaux se rincent longuement, à l'intérieur comme à l'extérieur, à l'eau vinaigrée puis citronnée.
Accras de morue guadeloupéens
mêmes ingrédients : cive, muscade, citron vertBonbons piment (beignets de pois cassés à la réunionnaise)
mêmes ingrédients : piment antillais (bonnet écossais), civeTigelle (crescentine modenesi au saindoux)
mêmes ingrédients : saindoux, laitGougères au comté
mêmes ingrédients : muscade, laitCake aux épinards et à la ricotta
mêmes ingrédients : muscade, laitCake potiron, comté et noix
mêmes ingrédients : muscade, laitBouchons réunionnais (raviolis de porc à la vapeur)
cuisine créole · même geste : farcirPalourdes farcies
mêmes gestes : farcir, faire dégorger · même principe : dénaturation des protéinesChoclo con queso (épi de maïs andin bouilli au fromage frais)
mêmes gestes : pocher, infuser · même principe : dénaturation des protéinesBolinhos de bacalhau (croquettes portugaises de morue)
même geste : pocher · même principe : dénaturation des protéinesSamoussas réunionnais au poulet
même aliment : civeCake courgette, chèvre et menthe
même geste : faire dégorger · même aliment : lait