
Peperoni imbottiti alla napoletana (poivrons farcis à la napolitaine)

Des demi-poivrons remplis d'une farce sèche de chapelure, d'olives, de câpres et d'anchois, cuits au four jusqu'à ce que la chair fonde et que la surface croustille. Se mangent tièdes ou froids, jamais brûlants.
À Naples, les poivrons farcis ne contiennent pas de viande. La farce est celle de la cuisine povera : du pain rassis réduit en chapelure, des olives noires, des câpres, quelques filets d'anchois et du persil. Rien de tout cela ne coûte cher, et chacun de ces éléments est salé, ce qui est le point : le poivron est un légume doux et aqueux, et il lui faut un contrepoint franc pour ne pas tourner à la compote sucrée. La chapelure fait un travail mécanique autant que gustatif. Les poivrons rendent beaucoup d'eau au four, et sans rien pour l'absorber la farce se délave et le plat baigne. Le pain sec la boit, gonfle, et se retrouve parfumé par le jus du légume au lieu de le diluer. C'est la même logique que dans une boulette, à ceci près qu'ici le pain est la farce entière et non son liant. Deux détails décident du résultat. Les anchois se dissolvent dans l'huile chaude avant d'être mélangés au reste : fondus, ils ne se signalent plus comme poisson et ne laissent qu'une profondeur salée que personne n'identifie. Et le plat se mange tiède, voire froid le lendemain, quand les poivrons ont fini de rendre leur eau et que la chapelure s'est imprégnée. Servi sortant du four, il est bon ; attendu une heure, il est napolitain.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 003 g préparés, 251 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 6 sur 6.
Étape 4 — La farce se prépare la veille et se garde au réfrigérateur : elle gagne même à reposer, le temps que l'origan et les câpres diffusent dans la chapelure.
Le plat entier se mange froid pendant deux jours, et beaucoup de Napolitains le préfèrent ainsi.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Préchauffer le four à 190 °C, chaleur tournante.
Couper les poivrons en deux dans la longueur, retirer le pédoncule, les graines et les cloisons blanches. Les poser creux vers le haut dans un plat huilé.
Faire chauffer 5 cL d'huile d'olive dans une poêle à feu doux, y jeter l'ail écrasé et les filets d'anchois. Remuer à la cuillère en bois jusqu'à ce que les anchois se défassent complètement, deux à trois minutes, sans laisser l'ail colorer.
C’est prêt quand : Les filets d'anchois se sont complètement défaits dans l'huile, qui est devenue trouble et parfumée ; l'ail est blond, jamais brun.
Hors du feu, verser la chapelure dans la poêle et la remuer pour qu'elle boive l'huile parfumée. Ajouter les olives grossièrement hachées, les câpres, le persil ciselé, le parmesan, l'origan et le poivre. Saler à peine : les anchois, les câpres et les olives salent déjà.
C’est prêt quand : La chapelure a bu toute l'huile : elle est grasse au toucher et tient en grumeaux souples quand on la presse, sans être détrempée.
Remplir les demi-poivrons de farce sans tasser, en laissant la surface irrégulière : ce sont les aspérités qui vont croustiller. Arroser chaque moitié d'un filet d'huile.
Enfourner 35 à 40 minutes. Les poivrons doivent s'affaisser et se marquer de brun, et la chapelure prendre une couleur de noisette. Si elle fonce avant que la chair ne cède, couvrir d'une feuille d'aluminium.
C’est prêt quand : Les poivrons se sont affaissés et marqués de brun, et la chapelure a une couleur de noisette uniforme.
Sortir et laisser tiédir au moins trente minutes avant de servir. Le plat se garde deux jours au réfrigérateur et se mange froid.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : La surface sèche et brunit plus vite que la chair épaisse du poivron ne cède, surtout en chaleur tournante. (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Couvrir d'une feuille d'aluminium et poursuivre la cuisson : la chaleur continue d'entrer, le brunissement s'arrête.
Pourquoi : Des poivrons très mûrs rendent beaucoup d'eau, et un plat trop petit la retient au lieu de la laisser s'évaporer. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Étaler les moitiés dans un plat plus grand, sans qu'elles se touchent, et pencher le plat pour retirer le jus à mi-cuisson.
Pourquoi : La farce a été salée comme une farce ordinaire, alors que les anchois, les câpres et les olives la salaient déjà. (Rôle du sel)
Rattrapage : Rien ne se retire après coup : servir avec du pain neutre et une salade non assaisonnée, et saler à peine la prochaine fois.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : À four doux, 150 °C pendant dix minutes, pour rendre son croustillant à la chapelure. Le micro-ondes la ramollit définitivement.
Se garde deux jours au réfrigérateur. Ne se congèle pas : le poivron rend son eau à la décongélation et la chapelure devient une bouillie.
Remplacer les anchois par deux cuillerées de câpres supplémentaires et une pincée d'algue nori émiettée, qui rend la note marine sans le poisson.
Ajouter à la farce 30 g de raisins secs trempés et 30 g de pignons grillés, à la manière des farces siciliennes : le sucré des raisins répond au sel des anchois.
Remplacer la chapelure par de la chapelure de pain sans gluten ou par de la polenta précuite grossière, qui croustille davantage encore.
Un blanc sec de Campanie, Fiano di Avellino ou Greco di Tufo

Les anchois sont fondus dans l'huile d'olive chaude avant tout le reste : leurs composés sapides sont solubles dans le gras, pas dans l'eau. C'est la raison pour laquelle on ne les jette pas crus dans la chapelure, où ils resteraient des morceaux salés au lieu de parfumer l'ensemble.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

La chapelure imbibée d'huile brunit au four et prend sa couleur de noisette : c'est elle qui donne le goût grillé du plat, et c'est pour cela qu'on laisse la surface irrégulière plutôt que de la tasser.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Le poivron rend beaucoup d'eau pendant les quarante minutes de four. La chapelure qui la boit resterait molle si l'air chaud ne la séchait pas en surface : d'où la cuisson à découvert, et l'aluminium seulement si la croûte fonce trop tôt.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Anchois, câpres et olives apportent déjà presque tout le sel du plat. Saler la farce comme une farce ordinaire la rendrait immangeable : on sale à peine, et on goûte avant.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.
Four chaud dès le départ : un poivron qui monte en température lentement rend son eau avant que la chapelure n'ait commencé à sécher.

Olives hachées grossièrement, au couteau : hachées trop fin elles se fondent dans la chapelure et on perd les morceaux noirs et salés qui font le plat.

Remplir sans tasser. Une farce pressée cuit en bloc compact ; une farce posée en vrac laisse l'air circuler et croustille.

35 à 40 minutes à 190 °C : assez pour que la chair du poivron s'affaisse, pas assez pour qu'il se défasse.

Goûter la farce avant de remplir est ici obligatoire, à cause des trois ingrédients déjà salés qu'elle contient.