
Maqluba de chou-fleur (riz renversé palestinien aux aubergines)

On range les légumes frits et le riz par couches dans la marmite, on cuit, et on retourne le tout sur un plateau. Le nom veut dire « à l'envers ».
Maqluba veut dire « renversée » en arabe, et le plat est décrit dès le XIIIe siècle dans le Kitab al-Tabikh de Baghdadi. Il appartient aujourd'hui à la Palestine, où il est le plat des repas de famille et le moment où quelqu'un retient son souffle : tout le plat se joue au retournement. La réussite du démoulage tient à trois choses mécaniques. Il faut une couche de protection au fond de la marmite, le plus souvent des rondelles de tomate ou de pomme de terre, qui empêchent le riz de coller et deviennent le dessus coloré de la tour. Il faut un repos de quinze minutes hors du feu avant de retourner : l'amidon du riz continue d'absorber et de se raffermir en refroidissant légèrement, et un riz retourné brûlant s'affaisse. Et il faut retourner d'un seul geste, le plateau posé sur la marmite et l'ensemble basculé d'un coup, parce qu'une hésitation en milieu de course rompt la tour. Les légumes sont frits avant d'être rangés, et c'est ce qui distingue une maqluba d'un riz aux légumes. La friture déshydrate la surface de l'aubergine et du chou-fleur, les colore par réaction de Maillard, et surtout les raffermit : des légumes crus rendraient leur eau dans le riz, qui deviendrait pâteux et ne se tiendrait pas. Le four à 210 °C avec un filet d'huile fait le même travail avec un quart de la matière grasse, au prix d'un quart d'heure de plus. Le bahārāt du Levant, mélange à base de piment de la Jamaïque, de cannelle et de poivre noir, est l'odeur du plat.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 5 351 g préparés, 892 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
Étape 1 — Le poulet poché et son bouillon se font la veille, le gras du bouillon s'ôtant à froid.
Étape 3 — Les légumes frits se font le matin et attendent à température ambiante ; au frais, ils perdent leur croûte.
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Pocher les cuisses de poulet 35 minutes dans l'eau avec un oignon, le bâton de cannelle, le laurier et du sel. Garder le bouillon filtré, c'est lui qui cuira le riz.
Rincer le riz jusqu'à ce que l'eau soit claire, puis le laisser tremper 20 minutes et l'égoutter.
C’est prêt quand : L'eau de rinçage est claire et non laiteuse.
Frire les bouquets de chou-fleur et les tranches d'aubergine dans l'huile chaude, par petites quantités, jusqu'à ce qu'ils soient dorés. Les égoutter sur du papier.
C’est prêt quand : Les légumes sont dorés sur toutes les faces et le papier absorbe nettement l'huile.
Mélanger le riz égoutté avec le baharat, le curcuma, le poivre et le second oignon haché cru.
Tapisser le fond d'une marmite de rondelles de tomate, puis ranger le poulet, les aubergines, le chou-fleur, et couvrir du riz épicé sans tasser.
Verser le bouillon chaud à deux centimètres au-dessus du riz, porter à ébullition, puis couvrir et cuire 30 minutes à feu très doux.
C’est prêt quand : Le bouillon dépasse le riz de deux centimètres exactement, mesurés au doigt.
Laisser reposer 15 minutes hors du feu, couvercle fermé : le riz se raffermit, et c'est ce qui permet à la tour de tenir.
C’est prêt quand : Plus une goutte de liquide libre au fond et le riz est ferme sous la cuillère.
Poser un grand plateau sur la marmite et retourner d'un seul geste, sans hésiter. Parsemer d'amandes grillées et de persil.
C’est prêt quand : La tour tient debout, les tomates au sommet, et les couches se distinguent sur la tranche.
0 / 8 étapes terminées
Pourquoi : Repos trop court, ou riz encore humide (Repos de la viande)
Rattrapage : Quinze minutes de repos couvercle fermé, sans exception. Un plat écroulé reste excellent, il s'appelle alors simplement du riz aux légumes.
Pourquoi : Pas assez rincé, ou tassé dans la marmite (Imbibition et capillarité)
Rattrapage : Rincer jusqu'à l'eau claire et verser le riz sans jamais appuyer dessus.
Pourquoi : Feu trop vif, ou couvercle soulevé en cours de cuisson (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Feu très doux et couvercle fermé trente minutes. Un diffuseur de chaleur aide sur une plaque capricieuse.
Pourquoi : Rondelles de tomate oubliées ou trop fines (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Une couche franche de tomate au fond, qui est aussi ce qui donne au sommet sa couleur.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Au four à 160 °C, couvert, vingt minutes, ou à la vapeur.
Trois jours au frais, en parts et non en tour : elle ne se remonte pas. Elle se congèle correctement, le riz devenant un peu plus sec.
La maqluba classique de Jérusalem n'emploie que des aubergines, le chou-fleur étant la version du nord. Les deux ensemble est un choix, pas une règle.
Sans poulet, avec un bouillon de légumes corsé et des pois chiches cuits entre les couches : c'est la maqluba de carême, courante chez les chrétiens de Palestine.
Aucun ingrédient n'en contient, à condition de vérifier le mélange baharat du commerce.
Du yaourt nature battu, et une salade arabe de tomate et concombre au citron
Un thé à la menthe, ou un café arabe à la cardamome après le repas

Le riz est rincé jusqu'à l'eau claire puis trempé vingt minutes. Le rinçage emporte l'amidon libre de surface, qui ferait coller les grains, et le trempage les hydrate à cœur pour qu'ils gonflent sans se fendre : un basmati de maqluba doit se tenir grain par grain, puisque la tour repose dessus.
Un biscuit sec aspire le liquide par capillarité : babas, tiramisu, gâteaux imbibés.

Deux centimètres de bouillon au-dessus du riz et pas un de plus : c'est la quantité exacte que l'amidon du basmati peut absorber en gélatinisant, et rien n'est égoutté. Les grains gonflés et collés les uns aux autres par cet amidon forment un bloc, et c'est ce bloc, et non une quelconque liaison, qui tient debout au renversement.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Chou-fleur et aubergines sont frits avant d'entrer dans la marmite et non cuits avec le riz. Le brunissement leur donne le goût de grillé qui porte tout le plat, et il les sèche en surface : des légumes crus rendraient leur eau dans le riz et le détremperaient.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Quinze minutes hors du feu, couvercle fermé, avant de retourner. L'humidité se redistribue des grains du fond vers ceux du haut et le riz se raffermit en refroidissant légèrement : retournée immédiatement, la maqluba s'écroule, et c'est la seule chose qui puisse encore rater à ce stade.
Après cuisson, les fibres se détendent et les jus se redistribuent : une viande reposée reste juteuse à la découpe.

Les rondelles de tomate tapissent le fond de la marmite, qui deviendra le sommet de la tour. Elles font écran entre la fonte et le poulet, dont les sucs attacheraient, et elles rendent juste assez d'eau pour que rien ne brûle pendant trente minutes de feu doux.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Le baharat et le curcuma sont mélangés au riz cru et non au bouillon. Les épices enrobent chaque grain et leurs pigments liposolubles colorent le riz lui-même : versées dans le liquide, elles se déposeraient au fond de la marmite.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Les cuisses trente-cinq minutes à frémissement avec cannelle et laurier. Le bouillon filtré est ce qui cuira le riz : c'est la moitié du goût du plat, et il ne se remplace pas par de l'eau.

Par petites quantités, dans l'huile bien chaude : une marmite chargée fait chuter la température et les légumes s'imbibent d'huile au lieu de dorer. Les égoutter sur du papier avant de les ranger.

Deux centimètres de liquide au-dessus du riz, couvercle fermé, feu très doux, trente minutes sans y toucher. Soulever le couvercle casse l'équilibre de vapeur.

Le bouillon de poulet filtré avant d'être versé sur le riz, pour qu'aucun morceau d'oignon ni d'épice n'y reste.

Les amandes dorées à sec ou dans un peu d'huile, et parsemées à la fin : le croquant est le seul qui reste dans un plat entièrement fondant.