
Entrecôte à la bordelaise

Deux entrecôtes épaisses saisies à la poêle, servies avec la sauce bordelaise : échalotes fondues, vin rouge réduit, fond de veau, beurre monté et dés de moelle. Un plat de bistrot dont la sauce est la véritable recette.
À Bordeaux, l'entrecôte « à la bordelaise » désigne d'abord une viande grillée sur des sarments de vigne, couverte d'échalotes crues hachées et de beurre, telle que les tonneliers la faisaient cuire sur les douelles rebutées. La sauce bordelaise, elle, est une création de la cuisine classique, codifiée par Escoffier : une réduction d'échalotes au vin rouge, montée sur un fond de veau et garnie de moelle pochée. Les deux versions se croisent aujourd'hui dans les bistrots, et c'est la seconde qu'on apprend ici. Elle est un exercice de réduction : le vin, réduit des deux tiers, perd son alcool et son acidité crue et concentre ses tanins et ses sucres ; le fond de veau apporte la gélatine qui donne du corps ; le beurre froid, fouetté hors du feu, disperse ses gouttelettes de gras dans cette base et la rend brillante et onctueuse. Ce dernier geste, monter au beurre, se rate si la sauce bout ensuite : l'émulsion se défait et le beurre remonte en flaques. La moelle est facultative, mais c'est elle qui fait la bordelaise.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 1 704 g préparés, 426 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 5 — Préparer la sauce jusqu'à la seconde réduction et la garder à température ambiante ; ne reste que le déglaçage et le montage au beurre.
Étape 2 — Pocher la moelle et la garder au réfrigérateur dans un peu de son eau.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Sortez les entrecôtes du réfrigérateur 1 heure avant la cuisson et posez-les sur une assiette, à température ambiante : une viande froide à cœur cuit trop sur les bords avant d'être saignante au centre.
Si vous avez la moelle, sortez-la des os en poussant avec le pouce, et pochez-la 3 minutes dans une petite casserole d'eau salée à peine frémissante. Égouttez-la sur du papier et coupez-la en dés de 1 cm.
Ciselez les échalotes très finement. Faites-les fondre 5 minutes dans 20 g de beurre, dans une casserole, à feu doux et sans coloration : elles deviennent translucides.
Versez le vin rouge, ajoutez le thym, le laurier et la moitié du poivre concassé. Portez à ébullition et laissez réduire des deux tiers, 10 à 12 minutes, jusqu'à ce que les échalotes affleurent et que le liquide soit sirupeux.
C’est prêt quand : Le vin est sirupeux, les échalotes affleurent, et le fond de la casserole ne se recouvre que lentement quand on y passe la cuillère.
Délayez le fond de veau dans l'eau chaude, versez-le dans la réduction et laissez réduire de nouveau de moitié, 8 à 10 minutes : la sauce nappe la cuillère et se tient. Ôtez le thym et le laurier et réservez à feu très doux.
Séchez les entrecôtes avec du papier, salez-les des deux côtés. Chauffez une grande poêle en fonte ou en acier jusqu'à ce que l'huile fume. Posez les entrecôtes et saisissez-les 3 minutes sans les bouger, puis 3 minutes de l'autre côté pour une cuisson saignante : une croûte brune bien nette, et 50 à 52 °C à cœur si vous avez un thermomètre. Comptez 1 minute de plus par face pour à point.
C’est prêt quand : Une croûte brune uniforme sur les deux faces, et 50 à 52 °C à cœur au thermomètre pour saignant.
Posez les entrecôtes sur une planche, couvrez-les d'une feuille d'aluminium sans serrer et laissez-les reposer 5 minutes : les jus se redistribuent et la viande ne saignera pas à la découpe.
Jetez le gras de la poêle, versez la sauce dedans et grattez les sucs à la spatule sur feu doux. Hors du feu, ajoutez les 60 g de beurre froid en petits cubes en fouettant vivement, jusqu'à ce que la sauce soit brillante et liée. Ajoutez les dés de moelle et le persil ciselé. Ne refaites plus bouillir.
C’est prêt quand : La sauce est brillante, épaisse, et nappe la spatule d'une couche opaque, sans trace de beurre fondu en surface.
Tranchez les entrecôtes en biais, en tranches de 1 cm, et disposez-les dans les assiettes chaudes. Parsemez de fleur de sel et du reste de poivre, nappez de sauce et servez tout de suite.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : La sauce a bouilli après le montage au beurre, ou le beurre n'était pas assez froid. (Émulsion)
Rattrapage : Hors du feu, ajoutez une cuillerée d'eau froide et fouettez vivement ; si cela ne suffit pas, une noix de beurre très froid en fouettant. Ne remettez pas sur le feu.
Pourquoi : Poêle pas assez chaude, viande humide ou salée trop tôt. (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Rien à faire pour celle-ci. La prochaine fois, séchez la viande au papier, salez au dernier moment, et attendez que l'huile fume franchement.
Pourquoi : Entrecôte tranchée sans repos. (Repos de la viande)
Rattrapage : Réduisez la sauce une minute de plus avant de la remonter au beurre ; et laissez reposer 5 minutes la prochaine fois.
Pourquoi : Fond de veau en poudre dosé trop fort. (Rôle du sel)
Rattrapage : Allongez de 5 cl de vin rouge et d'autant d'eau, réduisez à nouveau, puis montez au beurre : le beurre adoucit aussi.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : viande et sauce séparées, en boîtes hermétiques
Réchauffage : La viande à la poêle, une minute par face, ou froide en tranches fines ; la sauce à feu très doux en fouettant, sans frémir, avec une noix de beurre froid si elle a tranché.
Une sauce montée au beurre ne se congèle pas et ne se réchauffe qu'une fois, très doucement. L'entrecôte froide en tranches fait un excellent sandwich.
La version bordelaise d'origine : entrecôte grillée sur des sarments de vigne, couverte d'échalotes crues ciselées et de beurre, sans sauce au vin.
La même sauce sur un magret de canard rosé, avec le gras du magret à la place de l'huile pour saisir.
Un bordeaux rouge, de préférence le même que dans la sauce : un Médoc, un Graves ou un Saint-Émilion.

Le vin rouge réduit des deux tiers perd son alcool et son acidité crue, et concentre ses tanins et ses sucres ; c'est cette réduction, avant le fond de veau, qui fait la profondeur de la bordelaise.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Monter au beurre disperse le beurre froid en gouttelettes dans la sauce réduite : elle devient brillante et onctueuse, à condition de ne plus jamais bouillir, sinon les gouttelettes se rassemblent et le beurre remonte en flaques.
Dispersion stable de gras dans l'eau (ou l'inverse) grâce à un émulsifiant et à l'agitation : mayonnaise, vinaigrette, ganache.

La croûte de l'entrecôte se forme dans une poêle fumante, en 3 minutes par face sans bouger la viande : une poêle tiède fait bouillir la viande dans son jus et la grise.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Cinq minutes sous une feuille d'aluminium après la cuisson : les fibres contractées se relâchent et réabsorbent le jus chassé vers le centre. Tranchée aussitôt, l'entrecôte saigne dans l'assiette et la sauce est diluée.
Après cuisson, les fibres se détendent et les jus se redistribuent : une viande reposée reste juteuse à la découpe.

Une entrecôte sortie du réfrigérateur à 4 °C cuit trop sur ses bords avant que le cœur atteigne 50 °C : l'heure à température ambiante réduit cet écart et donne une cuisson uniforme.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Les échalotes ciselées très fin fondent complètement dans la réduction et donnent son grain à la sauce : la bordelaise classique ne se passe pas au chinois.

Deux réductions successives : le vin des deux tiers, puis le fond de veau de moitié. On juge à la cuillère, la sauce doit napper.

Poêle en fonte ou en acier, huile fumante, viande séchée au papier et salée juste avant : 3 minutes par face pour saignant, sans la bouger.

La sauce est versée dans la poêle de cuisson et les sucs grattés à la spatule : ces sucs brunis sont la part de goût que la casserole n'avait pas.

Hors du feu, 60 g de beurre très froid en cubes, fouetté vivement : la sauce épaissit et brille. Plus jamais d'ébullition ensuite.

La moelle pochée 3 minutes dans l'eau salée à peine frémissante devient translucide et ferme ; bouillie, elle fond et disparaît.
Joues de bœuf braisées au vin rouge
mêmes ingrédients : fond de veau, vin rouge, thymBœuf bourguignon
mêmes ingrédients : fond de veau, vin rouge, thymBœuf carottes
mêmes ingrédients : fond de veau, thym, laurierCoq au vin
mêmes ingrédients : vin rouge, échalote, thymMatelote d'anguille
mêmes ingrédients : vin rouge, échalote, thymMoules marinières
mêmes ingrédients : échalote, thym, laurierBavette à l'échalote
cuisine française · mêmes gestes : déglacer, saisirBrochet au beurre blanc
cuisine française · mêmes gestes : monter au beurre, pocherZürcher Geschnetzeltes (émincé de veau zurichois à la crème et aux champignons)
mêmes gestes : déglacer, réduire · mêmes aliments : fond de veau, échaloteMoules à la crème
cuisine française · mêmes gestes : réduire, ciselerNoix de Saint-Jacques poêlées, sauce à la clémentine et fenouil fondant
cuisine française · mêmes gestes : monter au beurre, réduirePaupiettes de veau à la tomate et aux champignons
cuisine française · mêmes gestes : déglacer, saisir