
Idli (petits pains vapeur de riz et de lentilles urad)

Les petits pains blancs du Sud de l'Inde : riz et lentilles urad trempés séparément, broyés, fermentés une nuit, puis cuits à la vapeur. Moelleux, à peine acides, et sans aucune levure.
L'idli repose sur une collaboration entre deux graines qui ne font pas le même travail, et c'est pourquoi on les trempe et on les broie séparément. La lentille urad décortiquée contient une protéine soluble et un mucilage qui, une fois broyés fin, piègent l'air comme un blanc d'œuf : c'est elle qui donne la structure et le moelleux. Le riz, lui, n'apporte que de l'amidon, et son broyage reste volontairement granuleux, ce qui donne la texture. La fermentation se fait sans rien ajouter. Les bactéries lactiques, Leuconostoc mesenteroides en tête, vivent sur la lentille et démarrent en huit à douze heures à vingt-huit degrés : elles produisent le gaz qui lève la pâte et l'acidité qui donne son goût. Au nord de la Loire, l'hiver, la cuisine est trop froide et la pâte ne lève pas : un four éteint avec sa lampe allumée tient les vingt-huit degrés exactement. La pâte est prête quand elle a doublé et qu'elle est percée de bulles jusqu'au fond. On la mélange alors d'une main très légère, parce que tout l'intérêt est le gaz qu'elle contient : une pâte battue retombe et donne des idlis plats et denses. Ce qui reste de la pâte se dilue et devient une pâte à dosa le lendemain, ce qui est la raison pour laquelle les deux recettes existent côte à côte dans les mêmes cuisines.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 1 031 g préparés, 172 g par personne
⚠️ Allergènes :
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Étape 6 — La fermentation se lance la veille au soir pour des idlis au petit déjeuner, ce qui est son usage d'origine.
La pâte fermentée se garde trois jours au réfrigérateur en s'acidifiant : les premiers jours en idli, les derniers en dosa.
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Rincer le riz à l'eau claire et le mettre à tremper dans trois fois son volume d'eau pendant 5 heures.
Dans un autre récipient, faire tremper les lentilles urad avec le fenugrec pendant 5 heures également. Le fenugrec apporte des bactéries et aide la pâte à lever et à dorer.
Égoutter les lentilles et les broyer au mixeur avec très peu d'eau, en plusieurs fois, jusqu'à une pâte parfaitement lisse, blanche et aérée. Elle doit tripler de volume : c'est elle qui portera tout l'air.
C’est prêt quand : La pâte de lentille est blanche, lisse et aérée, et a triplé de volume dans le bol du mixeur.
Broyer le riz à part, en ajoutant l'eau par petites quantités, jusqu'à une pâte légèrement granuleuse sous le doigt. Le riz ne se broie pas aussi fin que la lentille, et c'est voulu.
Réunir les deux pâtes, saler et mélanger à la main pendant deux minutes. La chaleur de la main amorce la fermentation, ce qui est le geste traditionnel et non une image.
Couvrir et laisser fermenter 8 à 12 heures à 28 °C. Si la pièce est froide, le four éteint avec la lampe allumée tient cette température. La pâte doit doubler et se percer de bulles jusqu'au fond.
C’est prêt quand : La pâte a doublé et des bulles la traversent jusqu'au fond du récipient.
Mélanger d'une main très légère, sans battre : tout l'intérêt de la pâte est le gaz qu'elle contient, et une pâte battue retombe.
Huiler les empreintes d'un moule à idli, les remplir aux trois quarts et cuire à la vapeur 12 minutes à couvert.
Vérifier avec la pointe d'un couteau, qui doit ressortir propre. Attendre cinq minutes avant de démouler : chauds, les idlis collent au moule.
C’est prêt quand : La pointe d'un couteau ressort propre et l'idli est blanc, bombé et élastique sous le doigt.
Servir immédiatement avec un sambar et un chutney de coco. La pâte restante se garde au froid et devient une pâte à dosa le lendemain.
0 / 10 étapes terminées
Pourquoi : Pièce trop froide, ou sel ajouté trop tôt et en trop grande quantité. (Fermentation lactique)
Rattrapage : Placer la pâte à 28 °C, four éteint avec la lampe allumée. Dans un climat froid, saler seulement après la fermentation.
Pourquoi : La lentille n'a pas été broyée assez longtemps, ou la pâte a été battue après la fermentation. (Stabilité des mousses)
Rattrapage : Broyer la lentille jusqu'à ce qu'elle triple de volume, et mélanger ensuite d'une main légère en soulevant.
Pourquoi : Moule mal huilé, ou démoulage trop chaud.
Rattrapage : Huiler les empreintes au pinceau et attendre cinq minutes après la cuisson avant de démouler.
Pourquoi : Fermentation trop longue ou trop chaude. (Fermentation lactique)
Rattrapage : Arrêter à huit heures et passer la pâte au froid. Une pâte trop acide reste excellente en dosa.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Trois minutes à la vapeur leur rend exactement leur moelleux. Au micro-ondes, ils deviennent caoutchouteux.
Deux jours au réfrigérateur, où ils durcissent vite. Ils se congèlent très bien cuits, emballés par deux.
À la semoule fine plutôt qu'au riz broyé, avec du yaourt : prêt en trente minutes, sans fermentation, c'est la version de dépannage du sud de l'Inde.
Remplacer le riz rond par du riz étuvé (idli rice) : la pâte lève mieux et les idlis sont plus moelleux, c'est le riz utilisé traditionnellement.
La recette l'est déjà telle qu'elle est écrite : ni œuf, ni produit laitier, la levée vient entièrement de la fermentation.
Un sambar de lentilles et un chutney de coco, leur accompagnement canonique
Un filter coffee du sud de l'Inde, très lacté
Coupés en dés et sautés aux graines de moutarde, en upma d'idlis de la veille

Aucun ferment ajouté : les bactéries viennent de la lentille urad et du fenugrec. Huit à douze heures à 28 °C suffisent pour que la pâte double et prenne son acidité douce.
Des bactéries transforment les sucres en acide lactique : yaourt, légumes lactofermentés, levain.

Les protéines de la lentille urad broyée piègent l'air du mixeur, exactement comme un blanc d'œuf monté. C'est pour cela qu'elle se broie seule et longtemps, et qu'elle doit tripler de volume.
Incorporer de l'air en fouettant : blancs en neige, chantilly, sabayon ; le volume, c'est de l'air emprisonné.

À la vapeur, l'amidon du riz gélatinise autour des bulles de la fermentation et fige la structure. Rien ne dore, rien ne croustille : la texture est l'unique enjeu de la cuisson.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Toute la légèreté de l'idli est du gaz emprisonné. Une pâte battue après fermentation retombe et ne se rattrape pas, d'où le mélange d'une main très légère.
Protéines et sucres stabilisent les bulles d'air ; une trace de gras (jaune d'œuf) empêche les blancs de monter.

Les deux pâtes se broient séparément et différemment : la lentille jusqu'au parfaitement lisse et mousseux, le riz volontairement un peu granuleux sous le doigt.

Douze minutes à couvert, à la vapeur franche : l'idli cuit par la vapeur seule et ne connaît ni croûte ni coloration.

Après la fermentation, la pâte se mélange d'une main très légère en soulevant. Tout l'intérêt est le gaz qu'elle contient.

Les empreintes se remplissent aux trois quarts seulement : la pâte gonfle encore à la vapeur et déborderait.