
Pancakes au levain

Des pancakes au refus de levain : l'acidité du levain et le bicarbonate se répondent dans le saladier, la pâte gonfle en trois secondes et il n'y a pas de levure chimique dans la liste.
Le sourdough pancake est une habitude de ferme américaine plus ancienne que la levure chimique. Dans une maison où le pot de levain était le seul agent levant disponible, on en gardait une partie pour le pain et on cuisait le reste au petit-déjeuner ; les chercheurs d'or de l'Alaska en ont fait une telle institution qu'on les surnommait les sourdoughs. La recette a survécu à la poudre à lever parce qu'elle a un goût que la poudre ne donne pas. Le mécanisme est une réaction acide-base, et il est immédiat. Le refus de levain est à pH 3,5 ou 4 ; le bicarbonate de sodium versé dedans libère du dioxyde de carbone dans la seconde, sans attendre la chaleur. C'est pourquoi il s'ajoute au tout dernier moment, trois secondes avant la poêle, et pourquoi la poêle doit déjà être chaude. Une levure chimique serait le mauvais outil : elle transporte son propre acide et elle est conçue pour libérer en deux temps, dont l'un au four, ce dont on n'a ici aucun besoin. Le deuxième effet est le plus visible. Neutraliser l'acide remonte le pH de la pâte vers 7, et la réaction de Maillard est d'autant plus rapide que la surface est alcaline. Un pancake au levain brunit donc en moitié moins de temps qu'une pâte ordinaire, et il a moins le goût acide que l'odeur du saladier laisse craindre : l'acide a été consommé par la réaction. La poêle se conduit à feu moyen, autour de 180 °C, avec un film de beurre essuyé au papier. On retourne une fois, quand les bulles qui remontent cessent de se refermer : c'est le signe que la pâte a pris jusqu'à mi-hauteur. Retourné deux fois, un pancake se tasse et ne remonte plus.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 571 g préparés, 143 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 3 — La pâte sans bicarbonate passe la nuit au réfrigérateur et y gagne en goût. Le bicarbonate s'ajoute au dernier moment, poêle déjà chaude.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Fouetter le levain avec le lait, les œufs et le sucre jusqu'à une pâte lisse.
Ajouter la farine et le sel, puis le beurre fondu tiède. La pâte doit napper la cuillère et retomber en ruban épais.
C’est prêt quand : La pâte nappe la cuillère et retombe en ruban épais.
Laisser reposer vingt minutes à température ambiante, le temps que la farine s'hydrate.
Chauffer une poêle à feu moyen jusqu'à ce qu'une goutte d'eau y danse, puis l'essuyer d'un papier beurré.
C’est prêt quand : Une goutte d'eau danse à la surface de la poêle au lieu de s'évaporer aussitôt.
Ajouter le bicarbonate à la pâte et mélanger trois secondes, pas davantage : elle mousse et gonfle aussitôt, et ce gaz-là ne revient pas.
C’est prêt quand : La pâte mousse et gonfle visiblement dans le saladier.
Déposer des petites louches de pâte et cuire 2 à 3 minutes, jusqu'à ce que les bulles qui remontent restent ouvertes. Retourner une seule fois et cuire une minute.
C’est prêt quand : Les bulles qui remontent restent ouvertes et le bord commence à mater.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Bicarbonate ajouté trop tôt, ou pâte trop mélangée après (Poussée chimique)
Rattrapage : Le bicarbonate juste avant la cuisson, trois secondes de cuillère, et on enchaîne.
Pourquoi : Trop de bicarbonate pour l'acidité du levain (Fermentation lactique)
Rattrapage : Quatre grammes pour deux cents de levain est la limite ; un levain jeune et peu acide en demande moins.
Pourquoi : Poêle trop chaude (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Baisser à feu moyen et attendre une minute : la goutte d'eau doit danser, pas disparaître instantanément.
Pourquoi : Retournés plusieurs fois, ou pâte trop travaillée après la farine
Rattrapage : Un seul retournement, et on mélange la farine juste assez pour qu'il n'y ait plus de grumeaux.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique, séparés d'un papier cuisson
Réchauffage : Au grille-pain ou à la poêle sèche une minute par face.
Deux jours au frais, et ils se congèlent très bien empilés avec un papier entre chacun : deux pancakes congelés passent directement au grille-pain.
Sans sucre, avec de la ciboulette et du poivre : ils accompagnent alors un œuf poché ou du saumon fumé.
Un lait végétal et une huile neutre à la place du lait et du beurre : le levain porte le goût de toute façon.
Les fruits posés sur la pâte une fois la louche versée et non mélangés dedans : incorporés, ils colorent la pâte et la rendent liquide.
Du sirop d'érable et du beurre demi-sel, ou une compote de pommes peu sucrée
Un café filtre, ou un jus de pomme trouble

Le levain apporte deux choses et la seconde est la plus importante ici. Ses levures ont déjà fait leur travail, mais ses bactéries lactiques ont produit des acides lactique et acétique, qui donnent au pancake son goût légèrement acidulé et, surtout, l'acidité dont le bicarbonate a besoin pour réagir.
Des bactéries transforment les sucres en acide lactique : yaourt, légumes lactofermentés, levain.

Le bicarbonate rencontre l'acidité du levain et libère son gaz carbonique immédiatement, à froid. D'où les trois secondes de mélange et la cuisson aussitôt : la mousse qu'on voit monter dans le saladier est la levée entière du pancake, et elle ne se reproduit pas une seconde fois.
Levure chimique ou bicarbonate + acide libèrent du CO2 à la cuisson : gâteaux aérés sans fermentation.

Vingt minutes de repos avant le bicarbonate, le temps que les soixante grammes de farine ajoutée boivent. Une farine mal hydratée donne une pâte qui paraît plus épaisse qu'elle n'est et un pancake sableux au centre.
Un biscuit sec aspire le liquide par capillarité : babas, tiramisu, gâteaux imbibés.

La goutte d'eau qui danse indique environ 180 °C, et c'est la température juste. Plus chaud, le pancake brunit avant que les bulles ne soient remontées ; plus froid, il sèche sur place en pâlissant. La poêle est essuyée et non graissée, car une flaque de beurre ferait frire le dessous au lieu de le cuire.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Le lait, les œufs et le sucre apportent ensemble les protéines et les sucres réducteurs du brunissement. C'est aussi pourquoi un pancake ne se retourne qu'une fois : le second côté, cuit sur une poêle déjà refroidie par la pâte, ne dorera jamais autant, et le retourner davantage ne fait que tasser la mie.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Vingt minutes à température ambiante, avant le bicarbonate. C'est un repos d'hydratation et il se fait aussi une nuit au réfrigérateur, où le levain continue de travailler et le goût gagne.

Le bicarbonate en trois secondes et pas davantage : chaque tour de cuillère supplémentaire chasse le gaz qui vient de se former, et c'est tout le gonflant du pancake qui part dans le saladier.