
Gratin de panais et de pommes de terre au comté

Deux racines en lamelles fines, cuites d'abord dans le lait, puis gratinées au comté. L'amidon de la pomme de terre lie, le panais apporte le sucre.
Le panais était en France un légume de base jusqu'à ce que la pomme de terre le remplace au XVIIIe siècle ; il est revenu depuis trente ans. Les associer dans un gratin n'est pas qu'une habitude de marché : les deux racines y font des choses différentes. La pomme de terre apporte l'amidon, qui est la liaison du plat. On ne la rince jamais après l'avoir coupée, contrairement à ce qu'on fait pour des frites : l'amidon de surface se disperse dans le lait et gélatinise, et c'est ce qui donne un gratin qui se tient à la découpe plutôt qu'une flaque. Le panais, lui, contient très peu d'amidon et beaucoup de sucres simples, saccharose en tête, et ce sont eux qui caramélisent en surface et lui donnent ce goût doux et presque sucré. Sa teneur en sucre augmente d'ailleurs après les premières gelées, le froid déclenchant la conversion de l'amidon en sucres dans la racine, ce qui est la raison pour laquelle on dit qu'il est meilleur en novembre. La précuisson dans le lait est l'étape qui décide. Elle fait gélatiniser l'amidon avant le four et amène les deux racines à mi-cuisson en même temps, alors que le panais, plus tendre, serait sinon en bouillie quand la pomme de terre serait encore crue. Le comté est ajouté en deux fois, une partie dans l'appareil et le reste sur le dessus, et le gratin repose dix minutes avant d'être servi : chaud sorti du four, il coule.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 2 374 g préparés, 396 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 8 sur 8.
Étape 4 — Le plat se monte quelques heures à l'avance et attend au frais avant d'aller au four, en comptant dix minutes de cuisson de plus s'il part froid.
Étape 5 — Cuit la veille et réchauffé, il est au moins aussi bon, l'amidon ayant eu le temps de prendre.
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Éplucher les deux racines et les couper en lamelles de trois millimètres. Ne pas les rincer : leur amidon est la liaison du gratin.
Porter le lait à frémissement avec l'ail écrasé, le thym, la muscade, le sel et le poivre, y plonger les lamelles et les cuire 12 minutes en remuant doucement.
C’est prêt quand : Le lait a visiblement épaissi et les lamelles plient sans se casser.
Frotter un plat à gratin d'ail et le beurrer. Préchauffer le four à 180 °C.
Ranger les lamelles en couches dans le plat, en parsemant la moitié du comté râpé entre elles, puis verser la crème et le lait de cuisson filtré du thym.
C’est prêt quand : Le liquide affleure juste sous la dernière couche de lamelles.
Répartir le reste du comté et cuire 45 minutes, jusqu'à ce que la lame d'un couteau traverse sans résistance et que le dessus soit bien doré.
C’est prêt quand : Le dessus est brun doré et une lame de couteau traverse le plat entier sans aucune résistance.
Laisser reposer 10 minutes avant de servir : sorti brûlant, le gratin coule à la découpe.
C’est prêt quand : Après dix minutes, la part découpée tient son angle au lieu de s'affaisser.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Lamelles rincées, ou crème allégée (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Rien ne le rassemble une fois cuit. De la crème entière et des lamelles non rincées la prochaine fois.
Pourquoi : Four trop chaud ou lamelles trop épaisses (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Couvrir d'aluminium et poursuivre vingt minutes à 160 °C.
Pourquoi : Le gratin a été servi brûlant (Repos de la viande)
Rattrapage : Dix minutes de repos suffisent, et un gratin tiède a de toute façon plus de goût qu'un gratin brûlant.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : plat filmé ou boîte hermétique
Réchauffage : Vingt-cinq minutes à 170 °C, couvert les quinze premières.
Il se garde trois jours et se coupe beaucoup mieux froid : les parts se réchauffent alors individuellement sans s'effondrer.
Le panais remplacé par du céleri-rave, plus poivré et moins sucré, qui tient mieux la cuisson et donne un gratin plus sec.
Lait et crème sans lactose fonctionnent tels quels. Le comté affiné de plus de douze mois en contient naturellement très peu.
Aucun ingrédient n'en contient : ni farine ni chapelure dans ce gratin, dont la liaison est l'amidon des racines.
Un vin jaune du Jura ou un savagnin, qui sont les vins du comté
Une salade de mâche à la noix, ou un rôti de porc pour en faire un plat complet

Les lamelles ne sont pas rincées, et c'est la règle du gratin : l'amidon qui reste à leur surface passe dans le lait et l'épaissit en gelatinisant, ce qui fait la liaison. Un gratin dont les pommes de terre ont été rincées rend de l'eau et de la crème séparées.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

La précuisson de douze minutes dans le lait fait deux choses en une : elle amorce la cuisson des racines, qui ont des temps différents, et elle charge le lait de l'ail, du thym et de la muscade avant qu'il ne soit versé sur le plat monté.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

Lait pour cuire, crème pour napper. La crème entière à 30 % de matière grasse ne tranche pas au four, là où le lait seul ferait un gratin sec et la crème seule un gratin lourd : les deux tiers de lait et un tiers de crème sont la proportion qui tient.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Le comté est réparti en deux fois, la moitié entre les couches et la moitié dessus. Celui du dessus dore par réaction entre ses protéines et le lactose du lait ; celui du dedans fond simplement et lie les couches.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Dix minutes de repos hors du four, qui est l'étape que tout le monde saute. À la sortie, l'amidon est encore chaud et fluide ; en refroidissant un peu, il reprend et la part tient debout dans l'assiette au lieu de couler.
Après cuisson, les fibres se détendent et les jus se redistribuent : une viande reposée reste juteuse à la découpe.

Trois millimètres et la même épaisseur partout, à la mandoline plutôt qu'au couteau : une lamelle de six millimètres sera crue quand sa voisine sera en purée.

Le lait est amené au frémissement avec l'ail, le thym et la muscade avant que les lamelles n'y entrent, pour que l'aromatisation parte de ce liquide et traverse tout le plat.

Le plat frotté à l'ail cru puis beurré : l'ail parfume la croûte extérieure, le beurre empêche l'amidon d'attacher aux parois.

45 minutes à 180 °C, à découvert. Si le dessus dore avant que le dedans ne soit cuit, une feuille d'aluminium posée dessus pour les quinze dernières minutes règle la question.