
Rillettes du Mans

Épaule et poitrine de porc cuites quatre heures dans leur propre gras, à peine frémissantes, puis effilochées à la fourchette. Du sel, du poivre, un laurier : la recette n'a rien d'autre et n'a besoin de rien d'autre.
Les rillettes du Mans sont plus claires et plus fibreuses que celles de Tours : au Mans on cuit moins fort, on ne colore presque pas, et on effiloche à la fourchette plutôt que de piler. La charcuterie sarthoise en fit une industrie dès les années 1880 grâce au chemin de fer, qui emportait les pots vers Paris en une nuit. La leçon est thermique. La viande cuit dans le gras qu'elle rend elle-même, et ce gras ne doit jamais dépasser le frémissement : autour de 90 °C, le collagène de l'épaule se transforme en gélatine en quelques heures et les fibres se défont d'elles-mêmes ; à la température d'une friture, la surface durcirait et sécherait avant que l'intérieur ne soit tendre. C'est le même principe que le confit, avec une seule différence : ici le gras vient du morceau lui-même, d'où la part de poitrine, qui en apporte ce que l'épaule n'a pas.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 1 723 g préparés, 215 g par personne
⚠️ Allergènes :
aucun identifiéCochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 6 — Les rillettes sont faites pour être préparées à l'avance : elles sont meilleures au troisième jour, quand le sel et les aromates ont fini de diffuser.
Étape 6 — Congelez-les en pots, tassées et couvertes de gras ; décongélation lente au réfrigérateur, 24 heures.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Coupez l'épaule et la poitrine en cubes de 3 cm. Mettez de côté les morceaux les plus gras de la poitrine : ce sont eux qui partiront en premier.
Dans une cocotte à fond épais, faites fondre les morceaux gras avec l'eau à feu doux, 15 minutes, jusqu'à ce qu'ils aient rendu une couche de gras clair au fond et que l'eau ait presque disparu.
C’est prêt quand : Une couche de gras clair et translucide couvre le fond de la cocotte et l'eau ne fait plus de bulles bruyantes.
Ajoutez le reste de la viande, le sel, le poivre, le laurier et le thym. Couvrez et laissez cuire au feu le plus doux 4 heures, en remuant toutes les demi-heures. Le gras doit frémir à peine, autour de 90 °C : si ça grésille, c'est trop fort.
Découvrez et montez légèrement le feu pour les 30 dernières minutes, pour que l'eau restante s'évapore. Les fibres se séparent quand on les presse à la cuillère et la viande prend une teinte beige rosé, pas plus.
C’est prêt quand : Une fibre pressée à la cuillère contre la paroi se défait en filaments sans résistance, et la viande est beige rosé, pas brune.
Retirez le laurier et le thym. Effilochez la viande à deux fourchettes, dans son gras, jusqu'à obtenir des fibres longues et irrégulières. Ne mixez pas : les rillettes deviendraient une pâte lisse. Goûtez et rectifiez le sel.
Tassez dans des pots ou une terrine, en gardant assez de gras pour en couvrir la surface d'une fine couche. Laissez refroidir puis mettez 24 heures au réfrigérateur : les rillettes prennent et le goût se pose.
C’est prêt quand : Après une nuit au froid, une cuillère plantée dans le pot tient droite et la surface est nette, sans eau au fond.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Trop de maigre par rapport au gras, ou cuisson trop vive qui a fait fondre puis brûler le gras. (Matières grasses et texture)
Rattrapage : Incorporez du saindoux fondu tiède, une cuillerée à la fois, en travaillant à la fourchette jusqu'à ce que la masse redevienne souple. La prochaine fois, gardez un tiers de poitrine grasse.
Pourquoi : L'évaporation finale a été écourtée, il restait du jus de cuisson dans le mélange. (Réduction et concentration)
Rattrapage : Reversez le tout dans la cocotte, chauffez doucement et laissez évaporer 15 minutes à découvert, puis remettez en pots. L'eau résiduelle est ce qui fait tourner des rillettes.
Pourquoi : La viande a été mixée ou travaillée trop longtemps au robot.
Rattrapage : Rien à faire, le goût est intact mais la texture est perdue. Deux fourchettes et cinq minutes suffisent, toujours.
Pourquoi : Le feu était trop fort, le fond de la cocotte a dépassé 130 °C. (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Ce sont désormais des rillettes tourangelles, dorées et goûteuses, elles se mangent très bien. Pour la version mancelle, il faut un feu qui ne fait jamais grésiller.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : pots ou terrine, surface couverte de gras, filmée
Réchauffage : Ne se réchauffent pas. Elles se servent à température ambiante, sur du pain de campagne grillé chaud.
Sous leur couche de gras et non entamées, elles tiennent une dizaine de jours ; une fois le gras percé, cinq jours. Sortez-les 30 minutes avant de servir : glacées, elles n'ont aucun goût.
Même viande, mais on laisse la viande colorer au début et la cuisson se fait à découvert : elles sortent brunes, plus sèches et plus marquées, en gros morceaux plutôt qu'en filaments.
Remplacez un tiers de l'épaule par des cuisses d'oie ou de canard, en gardant la poitrine de porc pour le gras : la texture est la même, le goût plus profond.
Un jasnières ou un chenin de Loire sec et vif : l'acidité est la seule chose qui nettoie le gras.
Un cidre brut fermier, servi frais.
Du pain de campagne grillé, des cornichons, et rien d'autre.

Quatre heures autour de 90 °C, jamais plus : c'est la fenêtre où le collagène se transforme en gélatine sans que les fibres musculaires se contractent et durcissent. Un grésillement dans la cocotte signifie que le fond dépasse 130 °C et que la viande frit au lieu de confire.
L'eau bout à 100 °C et n'ira pas plus haut : un thermostat naturel pour pocher et mijoter (et plus sous pression).

Le collagène de l'épaule et de la couenne fond dans le gras et donne la gélatine qui, une fois froide, tient les fibres ensemble. C'est elle, et non le gras seul, qui fait qu'une rillette se tartine sans s'effondrer.
Les sucs caramélisés au fond du récipient se dissolvent dans un liquide : c'est la base des sauces.

18 g de sel pour 1,5 kg de viande, soit 1,2 pour cent : assez pour dissoudre les protéines de surface et lier l'effiloché, assez pour conserver, pas assez pour saler la bouche. C'est la proportion à respecter si vous changez les quantités.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

Le gras rendu par la poitrine enrobe chaque fibre et fige au froid : c'est ce qui donne le fondant en bouche. Des rillettes maigres sont sèches et filandreuses, et il n'y a pas de rattrapage.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Les protéines se dénaturent lentement à basse température et les fibres se séparent d'elles-mêmes sous la fourchette. Mixer ferait le travail en dix secondes et détruirait exactement ce qu'on a mis quatre heures à obtenir.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

La viande cuit immergée dans son propre gras, à couvert et au plus doux : c'est une cuisson par le gras, pas par l'eau, et les 20 cL de départ ne servent qu'à amorcer la fonte.

Le frémissement doit être invisible : quelques bulles paresseuses en surface toutes les deux ou trois secondes, jamais un bouillonnement.

Les trente dernières minutes à découvert évaporent l'eau restante. Des rillettes qui gardent de l'eau tournent au réfrigérateur en trois jours au lieu de dix.

On goûte chaud, au moment de l'effilochage, en sachant que le froid émousse le sel : assaisonnez une pointe au-dessus de ce qui vous paraît juste.
peut mal tourner en :
Rillons de Touraine
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mêmes gestes : confire, mijoter · même principe : matières grasses et texture