
Gajar ka halwa (halva indien de carottes au lait et à la cardamome)

Des carottes râpées réduites une heure dans du lait entier, jusqu'à ce que tout le liquide ait disparu. Rien d'autre que du temps.
Le gajar ka halwa est le dessert de l'hiver dans le nord de l'Inde et au Pakistan, et il se fait au moment où arrivent les carottes rouges du Pendjab, plus sucrées et moins fibreuses que nos carottes orange. Le mot halwa est arabe et désigne une famille entière de confiseries ; celle-ci est de la branche indienne, où la base est un légume ou une semoule réduits dans du lait. Toute la recette est une réduction, et c'est une réaction de Maillard lente. Le lait entier apporte du lactose et des protéines, la carotte des sucres et de l'eau, et pendant une heure sur feu moyen les deux réagissent : le mélange passe de l'orange vif au brun roux et développe des arômes de caramel et de noisette qui ne sont dans aucun des ingrédients de départ. C'est le même phénomène que dans le khoa, le lait réduit indien, et c'est pour cela qu'on ne peut pas accélérer en montant le feu, ce qui brûlerait le fond avant que l'eau ne soit partie. Le beurre clarifié, le ghee, est l'autre élément. On le fait ici en chauffant du beurre jusqu'à ce que l'eau s'évapore et que les protéines laitières se déposent au fond, puis en ne gardant que la matière grasse limpide. Il supporte des températures plus hautes que le beurre entier, dont les protéines brûleraient, et son goût de noisette vient précisément de ces protéines dorées avant d'être filtrées. La cardamome verte arrive à la toute fin, ses arômes étant des terpènes très volatils qu'une cuisson longue dissiperait entièrement.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 2 556 g préparés, 320 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Étape 1 — Le ghee se fait des semaines à l'avance et se garde à température ambiante : en faire plus que les 80 g de la recette ne coûte rien.
Étape 4 — Le halwa entier se fait à l'avance ; seuls les fruits secs et la cardamome gagnent à être ajoutés au réchauffage.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Faire fondre le beurre à feu doux jusqu'à ce qu'il cesse de crépiter et que les protéines dorent au fond, puis ne garder que la matière grasse limpide : c'est du ghee.
C’est prêt quand : Le crépitement a cessé, un dépôt doré repose au fond et la matière grasse est parfaitement limpide.
Râper les carottes au gros trou.
Les faire revenir 5 minutes dans la moitié du ghee, puis verser le lait et laisser réduire à feu moyen 50 minutes en remuant régulièrement, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de liquide.
C’est prêt quand : Une tranchée creusée à la spatule au fond de la casserole ne se remplit plus de lait.
Ajouter le sucre, le lait concentré et le reste du ghee, et poursuivre 15 minutes : le mélange fonce et se détache des parois.
C’est prêt quand : La masse a foncé, elle brille et se détache des parois en un bloc qui suit la spatule.
Faire dorer les amandes et les pistaches concassées dans un peu de ghee avec les raisins secs.
Hors du feu, ajouter la cardamome fraîchement moulue, dont les arômes ne survivraient pas à la cuisson, et les fruits secs. Servir tiède.
C’est prêt quand : La cardamome fraîchement moulue se sent dès qu'elle touche le halwa chaud.
0 / 6 étapes terminées
Pourquoi : Casserole trop étroite, feu trop doux, ou sucre ajouté trop tôt (Osmose)
Rattrapage : Transvaser dans une sauteuse large et poursuivre à feu moyen : la surface d'évaporation fait tout.
Pourquoi : Le lait a collé faute de remuage (Réduction et concentration)
Rattrapage : Transvaser immédiatement sans racler le fond. Le reste est souvent sauvable, le goût de brûlé restant au fond.
Pourquoi : Poudre du commerce, ou ajoutée pendant la cuisson (Solubilité des arômes)
Rattrapage : Piler quelques graines fraîches et les ajouter hors du feu au dernier moment.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique
Réchauffage : Quelques minutes à la casserole avec une cuillerée de lait, ou au micro-ondes à faible puissance.
Cinq jours au frais, et il se mange aussi froid. Il se congèle en portions et c'est la bonne façon d'absorber un kilo de carottes transformé en dessert.
Lait d'avoine ou de coco, huile de coco à la place du ghee, et du sucre à la place du lait concentré. La texture est proche, le goût de lait cuit manque.
Aucun ingrédient n'en contient, ce qui en fait un dessert sûr quand le gâteau ne l'est pas.
Quelques pistils infusés dans deux cuillerées de lait chaud, ajoutés à l'étape 4. C'est la version de fête, pour Diwali.
Un chai au lait épicé, qui prolonge la cardamome
Une boule de glace à la vanille sur le halwa tiède, pour le contraste de température

Les cinquante minutes sont la recette. Un litre de lait se réduit à presque rien, et ce qui reste est du lactose, des protéines et de la matière grasse concentrés autour des carottes : c'est ce qui transforme un légume racine en dessert.
L'évaporation de l'eau concentre les saveurs et épaissit sauces, jus et confitures.

Le halwa fonce du orange vif au brun roux pendant la réduction, par réaction entre le lactose du lait et ses protéines. C'est le même phénomène qui fait le khoya indien, et la couleur est un repère de cuisson aussi sûr que la texture.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Le sucre n'entre qu'à l'étape 4, une fois le lait parti. Ajouté au début, il tire l'eau des carottes râpées par osmose, qui se ramollissent et relâchent du liquide : la réduction n'en finirait plus.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Le ghee est utilisé en deux fois, moitié au début et moitié à la fin. Celui du début cuit les carottes, celui de la fin enrobe et donne le brillant : ajouté entièrement au départ, il serait absorbé et le halwa serait mat.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

La cardamome est moulue au dernier moment et ajoutée hors du feu. Ses arômes sont des composés volatils qui partent à la chaleur : une cardamome cuite quinze minutes a donné tout ce qu'elle avait à la hotte.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Clarifier le beurre a une raison pratique : le ghee monte à 250 °C alors que le beurre entier brûle à 150 °C à cause de ses protéines. Avec du beurre ordinaire, l'étape 5 noircirait les amandes.
Température à laquelle une matière grasse se dégrade et fume : chaque huile a sa cuisson.

Le geste est celui du beurre noisette poussé un cran plus loin : on attend que les protéines dorent au fond et que le crépitement cesse, signe que l'eau est partie, puis on ne garde que la graisse limpide.

Feu moyen et remuage régulier pendant cinquante minutes, la spatule raclant le fond. Le sucre du lait colle et brûle dès qu'on s'absente.

Amandes et pistaches concassées dorées dans un peu de ghee jusqu'à ce qu'elles sentent, et pas plus : elles continuent de cuire dans leur gras une fois le feu coupé.

Les capsules de cardamome ouvertes, les graines noires seules pilées au mortier. La poudre du commerce a perdu l'essentiel de son parfum avant d'être vendue.