
Salade de kaki, mozzarella et roquette

Le kaki fuyu, ferme et doux, à la place de la figue ou du melon. Mozzarella, roquette, balsamique, rien d'autre.
Il y a deux kakis et les confondre gâche la salade. Le kaki astringent, la variété hachiya en forme de gland, est immangeable ferme : il est chargé de tanins solubles qui précipitent les protéines de la salive et donnent cette sensation de bouche râpeuse. Il ne devient comestible qu'une fois blet, quand l'éthylène a transformé ces tanins en polymères insolubles. Le kaki non astringent, le fuyu, plat et rond, perd ses tanins sur l'arbre et se mange ferme, croquant comme une pomme. C'est celui-là qu'il faut ici. La salade est une construction classique de contraste, celle du prosciutto e melone ou de la figue à la burrata. Le sucré et la fraîcheur juteuse du fruit contre le gras lactique de la mozzarella, l'amertume poivrée de la roquette contre les deux. Cette amertume vient des glucosinolates, les mêmes composés soufrés qui font le piquant de la moutarde et du radis. Le balsamique joue plus que l'acidité : vieilli, il est sucré et épais, et son acide acétique coupe le gras du fromage tout en prolongeant le sucre du kaki. La mozzarella se sort du réfrigérateur vingt minutes avant, et c'est la seule difficulté du plat. Froide, sa matière grasse est figée et ses arômes, qui sont volatils, ne se libèrent pas ; à température ambiante, elle est une tout autre chose.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 953 g préparés, 238 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 4 sur 4.
Étape 2 — Les noisettes se grillent et se pèlent plusieurs jours à l'avance et se gardent dans un bocal fermé.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Torréfier les noisettes à sec, les frotter dans un linge et les concasser.
C’est prêt quand : Les noisettes embaument et leur peau s'enlève d'un coup de linge.
Peler les kakis et les couper en quartiers fins. Choisir des fruits fermes, de la variété plate : un kaki astringent encore dur râperait la bouche.
C’est prêt quand : Le kaki se tranche net et ne laisse pas de jus sur la planche.
Dresser la roquette, les quartiers de kaki et la mozzarella déchirée à la main.
Arroser d'huile d'olive et de balsamique, parsemer de noisettes, saler et poivrer au moment de servir.
0 / 4 étapes terminées
Pourquoi : Variété astringente pas assez mûre
Rattrapage : Rien ne le rattrape à cru. Les variétés pointues se mangent à la cuillère quand elles sont blettes ; pour une salade, prendre un kaki plat.
Pourquoi : Assaisonnée trop tôt (Osmose)
Rattrapage : Huile, vinaigre et sel au moment de porter à table, pas une minute avant.
Pourquoi : Servie sortie du réfrigérateur (Matières grasses et texture)
Rattrapage : Vingt minutes à température ambiante, c'est la moitié du plat.
Pourquoi : Peaux laissées, ou torréfaction poussée trop loin (Réaction de Maillard)
Rattrapage : Les frotter chaudes dans un linge et les sortir dès qu'elles embaument.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : ne se garde pas assaisonnée
Cette salade ne se garde pas : la roquette retombe et le kaki rend son jus. Les noisettes grillées, elles, tiennent une semaine dans un bocal, et c'est la seule chose qui s'avance.
Elle l'est déjà, la mozzarella industrielle étant presque toujours à présure microbienne : vérifier l'étiquette pour une mozzarella fermière.
Des tranches d'avocat et quelques copeaux de fromage végétal à la place de la mozzarella : le gras onctueux est ce qui compte en face du kaki.
Aucun ingrédient n'en contient.
Quatre tranches posées sur le dessus : le kaki tient devant le salé comme le ferait un melon, et l'entrée devient un plat.
Un blanc sec et parfumé, pinot gris d'Alsace ou vermentino de Ligurie
Du pain aux noix grillé, et rien de plus

Vingt minutes hors du réfrigérateur et la mozzarella change de nature : à quatre degrés sa matière grasse est cristallisée, elle est ferme, muette et vaguement caoutchouteuse ; à seize, le gras est redevenu fluide, il porte les arômes lactiques et la boule se déchire en lambeaux souples. C'est la seule étape de cette salade où quelque chose cuit, au sens large, et c'est aussi la seule qu'on saute.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

Les noisettes grillées à sec puis frottées : la chaleur brunit leurs protéines et leurs sucres, et c'est ce qui donne la seule note torréfiée d'une assiette entièrement crue. Crues, elles seraient molles et leur peau amère resterait.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

Le sel et le vinaigre ne se posent qu'au moment de servir. La roquette est faite de feuilles minces : salées, elles perdent leur eau en quelques minutes et retombent en tas mouillé. Un kaki mûr fait pire encore, il rend un jus sucré qui délave tout le reste.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

L'huile d'olive crue et le balsamique versés séparément et non battus en vinaigrette : les arômes du kaki et de la mozzarella sont délicats, et une émulsion les enroberait d'une couche uniforme au lieu de laisser chaque bouchée être tantôt grasse, tantôt acide.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Les noisettes à sec jusqu'à ce qu'elles embaument, puis frottées encore chaudes dans un linge : la peau s'enlève alors seule, et c'est elle qui porte l'amertume.

Les noisettes grossièrement sous la lame, en éclats inégaux : hachées fin elles disparaîtraient dans le fond de l'assiette.

Les kakis en quartiers fins mais pas transparents : le fruit doit se tenir à côté de la mozzarella, pas fondre dedans.

Sel et poivre à la toute fin, directement sur l'assiette dressée.