
Beurre aux algues (dulse et laitue de mer)

Un beurre composé breton : la dulse pour le fumé et le sel, la laitue de mer pour le vert et la douceur, une pointe de citron et d'échalote. Une heure de repos au froid pour que les paillettes se réhydratent dans la graisse et que le goût diffuse.
Le beurre aux algues est un produit breton récent : il date des années 1980, quand les premiers récoltants d'algues alimentaires de la côte nord de la Bretagne ont cherché une façon simple de faire goûter la dulse et la laitue de mer à des gens qui ne les connaissaient que comme du varech sur la plage. Le beurre était le bon véhicule, parce que la Bretagne en consomme beaucoup, parce qu'il est salé et que les algues le sont, et parce que la graisse fixe et porte les arômes marins mieux que l'eau. La recette s'est installée dans les crêperies et les poissonneries, et un beurrier breton en vend aujourd'hui sous ce nom dans toute la France. Les deux algues jouent deux rôles. La dulse, une algue rouge, apporte le sel, l'umami et un goût fumé qui lui a valu le surnom de bacon de la mer ; elle est riche en glutamate libre, comme le kombu, et c'est ce qui donne au beurre sa profondeur. La laitue de mer, une algue verte, est douce, végétale, presque herbacée, et elle apporte la couleur et la fraîcheur. Les deux sont utilisées sèches, en paillettes, et c'est le repos au froid qui compte : une heure au moins, pour que les paillettes se réhydratent dans l'humidité du beurre, du citron et de l'échalote, et que le goût diffuse. Un beurre aux algues goûté tout de suite est granuleux et fade ; le lendemain, il est fait. C'est un beurre qui ne cuit pas. La laitue de mer perd sa couleur et son goût dès qu'elle bout, et la dulse brûle en une minute dans une poêle chaude. Il se pose donc sur un poisson au sortir du four, sur des pommes de terre vapeur, sur une tranche de pain de seigle avec des radis, ou fond dans une poêlée de coquillages une fois le feu coupé. Il se garde une semaine au froid et se congèle très bien en rouleau, à trancher à la demande.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 8 personnes · 399 g préparés, 50 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
Étape 4 — Fait la veille, il est meilleur : les paillettes ont fini de se réhydrater et le goût a diffusé.
Étape 4 — En boudin au congélateur, trois mois ; une rondelle sur un poisson chaud fond en une minute.
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Mettre les paillettes de dulse et de laitue de mer dans un bol avec deux cuillerées à soupe d'eau froide, 2 minutes, pas plus : elles s'assouplissent sans lâcher leur goût dans l'eau. Les presser dans la main pour en ôter toute l'eau.
C’est prêt quand : Les paillettes sont souples et foncées, et l'eau pressée n'a presque pas de couleur.
Ciseler l'échalote très fin. Prélever le zeste du citron à la râpe fine et presser une cuillerée à soupe de jus.
Travailler le beurre mou à la fourchette ou à la maryse jusqu'à ce qu'il soit lisse et crémeux, puis incorporer les algues pressées, l'échalote, le zeste, le jus et le poivre. Mélanger jusqu'à ce que les paillettes soient réparties de façon régulière.
C’est prêt quand : Le beurre est lisse, pâle, piqué de violet et de vert répartis de façon régulière.
Rouler le beurre en boudin dans une feuille de papier cuisson, serrer les extrémités comme un bonbon, et mettre au froid une heure au moins. C'est ce repos qui fait le beurre : les paillettes finissent de se réhydrater dans la graisse et le goût diffuse.
Servir en rondelles sur un poisson au sortir du four, des pommes de terre vapeur ou une tranche de pain de seigle. Ne jamais le faire cuire : la laitue de mer perd sa couleur et son goût dès qu'elle bout.
0 / 5 étapes terminées
Pourquoi : Algues mal pressées ou trop de jus de citron : l'eau excède ce que le beurre peut tenir. (Émulsion)
Rattrapage : Mettez 10 minutes au froid et retravaillez ; la fois suivante, pressez les algues et limitez le jus à une cuillerée.
Pourquoi : Goûté avant le repos : les algues ne sont pas réhydratées et n'ont rien donné. (Imbibition et capillarité)
Rattrapage : Attendez une heure au froid, ou mieux une nuit.
Pourquoi : Il a cuit : la laitue de mer et la dulse ne supportent pas la chaleur. (Chlorophylle et couleur des légumes verts)
Rattrapage : Il ne se rattrape pas ; posez-le sur l'aliment chaud au moment de servir, feu coupé.
Le même problème, ailleurs sur le site :
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Comment : boudin dans du papier cuisson, puis boîte hermétique
Une semaine au froid, bien enveloppé : le beurre prend les odeurs du réfrigérateur. Trois mois au congélateur en rouleau, à trancher sans décongeler.

Les composés marins et fumés de la dulse sont solubles dans la graisse : le beurre les fixe et les porte, mieux que l'eau. C'est ce qui fait du beurre le bon véhicule des algues.
Certains arômes se dissolvent dans le gras, d'autres dans l'eau ou l'alcool : d'où l'intérêt de faire revenir les épices ou de flamber.

Deux minutes d'eau froide, puis une heure dans l'humidité du beurre, de l'échalote et du citron : les paillettes se réhydratent lentement et le goût diffuse. Goûté tout de suite, le beurre est granuleux et fade.
Un biscuit sec aspire le liquide par capillarité : babas, tiramisu, gâteaux imbibés.

La laitue de mer est une algue verte : sa chlorophylle brunit et son goût s'éteint dès qu'elle bout. Ce beurre ne cuit jamais.
La chlorophylle des légumes verts vire au vert olive dès que la cuisson se prolonge ou que le milieu s'acidifie : le magnésium quitte la molécule. D'où la règle des cuissons courtes, à découvert et en grand volume d'eau bouillante, pour garder un vert franc.

Le beurre demi-sel et la dulse, naturellement salée, suffisent : aucun sel ajouté, et un beurre doux demanderait une pincée.
Le sel assaisonne, extrait l'eau, renforce le gluten, ralentit la fermentation et rehausse les arômes.

L'échalote très fin, pour qu'elle se fonde dans le beurre et ne craque pas sous la dent.

Le zeste à la râpe fine, sans le blanc amer ; une cuillerée de jus et pas plus, ou le beurre tranche.

Le beurre mou travaillé à la fourchette jusqu'à être lisse avant d'incorporer le reste, comme pour un beurre composé classique, sans sucre ici.
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