Boyau de porc (menu naturel)

Boucherie
sans gluten

Vendu en botte sous le sel, il demande un dessalage et un rinçage à grande eau avant de voir la moindre farce.

Une recette du site utilise de boyau de porc (menu naturel). On en trouve surtout dans la cuisine créole.

La fiche

Saison

Toute l’année

rien à attendre

Se garde

1 an

3 mois une fois entamé

Empreinte carbone

3,5kg CO₂e / kg

Élevée pour un ingrédient brut

Calories

130kcal

pour 100 g

Composition
Protéines10 g
Glucides0 gdont 0 g de sucres
Lipides9,9 gdont 3,4 g saturés
Fibres0 g
Eau et reste80,1 g
Sel4 g

pour 100 g, source estimation, fiabilité faible

Prix

bon marché

Rôle en cuisine
structurant

Bien le choisir

Le menu de porc est l'intestin grêle nettoyé, calibré et salé, et c'est le boyau des saucisses de Toulouse, des chipolatas et du boudin créole. Le calibre est ce qui change tout : vingt-huit à trente millimètres pour une saucisse de taille courante et pour le boudin, trente-deux à trente-cinq pour une saucisse plus grosse, et les caisses de charcutier portent ce chiffre en clair. Achetez-le chez le boucher, qui en tire une longueur de sa propre botte, ou par correspondance en petits sachets salés. Il doit sentir le sel et rien d'autre : une odeur aigre ou ammoniaquée signale un boyau mal conservé, qui donnera un goût à la farce et se déchirera à l'embossage. Le boyau de collagène reconstitué, plus régulier et sans dessalage, existe et se tient bien, mais il n'a pas le croquant du naturel sous la dent.

  • Un calibre annoncé, 28 à 30 mm pour le boudin
  • Une odeur de sel seule, jamais aigre ni ammoniaquée
  • Une paroi souple et translucide, sans trous ni plaques opaques
  • Une botte encore bien couverte de sel, pas asséchée

Le garder

Dans son sel, en boîte hermétique au réfrigérateur, il se garde un an sans rien perdre : c'est un produit conçu pour attendre, et le sel fait tout le travail. Ne le rincez donc pas avant de le ranger, et resalez généreusement la longueur non utilisée avant de la remettre en boîte. Une fois dessalé, il redevient un abat frais et se comporte comme tel : deux jours au réfrigérateur au maximum, dans un peu d'eau fraîche changée chaque jour, ou au congélateur en portions. Le boyau qui a séché à l'air devient cassant et se fend à l'embossage ; retrempé une heure en eau tiède, il retrouve parfois de la souplesse, mais un boyau devenu opaque et cartonné se jette.

Sécurité alimentaire

Ne réutilisez jamais l'eau de dessalage ni de rinçage : elle a lavé un abat cru. Elle va à l'évier, et le plan de travail avec l'évier.

Les gestes qui changent tout

Dessaler, puis rincer l'intérieur

Une heure en eau froide fait sortir le gros du sel par osmose, l'eau étant changée deux fois. Le rinçage intérieur est le geste que l'on saute et qu'il ne faut pas sauter : enfilez une extrémité sur le robinet et laissez couler un filet d'eau tiède sur toute la longueur. Ce qui reste dedans se retrouve sinon dans la saucisse.

la science · le ratage

Ne pas trop serrer la farce

Un boyau rempli à bloc n'a plus de jeu, et la farce gonfle à la cuisson pendant que le collagène, lui, se rétracte. Remplissez souplement, en laissant la chair bouger sous le doigt, et faites les nœuds seulement ensuite : c'est en tordant pour former les maillons que la farce se répartit et se tasse au bon degré.

le geste · le ratage

Piquer, puis pocher sous l'ébullition

Quelques piqûres d'aiguille fine laissent sortir l'air emprisonné à l'embossage, qui sinon dilate et fait éclater. Puis une eau à frémissement, jamais à gros bouillons : la paroi supporte une cuisson douce prolongée et se fend en quelques secondes dans une eau qui bout.

le geste · le ratage

Marge d'erreur

demande de l’attention

Exigeant à l'embossage, où deux erreurs se paient comptant : un boyau mal rincé sale la farce, un boyau trop rempli éclate à la cuisson et vide la saucisse dans l'eau. Le dessalage, lui, pardonne, puisqu'il suffit de goûter et de prolonger. C'est un produit qui demande un coup de main plus qu'une technique, et le coup de main vient à la deuxième fournée.

Les températures à cœur

Le menu naturel est une paroi de collagène, et il se comporte comme tel : au-delà de soixante-cinq degrés il se rétracte, se resserre sur la farce et devient élastique sous la dent, puis il se détend à nouveau après une cuisson longue et douce. C'est toute la raison du remplissage souple et de la cuisson à frémissement : on laisse au boyau la place de se contracter sans qu'il ait à choisir entre serrer et se déchirer.

C'est un abat cru et il se traite comme tel : planche réservée, couteau et entonnoir lavés à l'eau chaude savonneuse aussitôt après, mains lavées avant de toucher autre chose. L'eau de trempage et de rinçage part directement à l'évier, sans passer par un saladier qui servira ensuite, et l'évier est nettoyé derrière.

Chiffres : reference (Pratique charcutière courante ; rétraction du collagène au-delà de 65 °C.).

Son profil et ses molécules

carnésalé
discret

Bien dessalé et rincé, il n'apporte aucun goût propre : il donne un croquant sec sous la dent et laisse toute la parole à la farce.

Une recette qui en contient

Pour aller plus loin

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