
Crème pâtissière

Crème pâtissière à la vanille, la base de la pâtisserie : lait infusé, jaunes d'œufs, sucre et farine cuits au fouet. Pour garnir choux, éclairs et tartes.
Ce que les sauces mères sont à la cuisine, la crème pâtissière l'est à la pâtisserie française : une base dont presque tout le reste dérive par une seule addition. Ajoutez-y du beurre monté et vous obtenez une mousseline ; de la gélatine et de la chantilly, une diplomate ; de la meringue italienne, une chiboust ; de la poudre d'amande, une frangipane ; du chocolat, la garniture d'un éclair. Elle occupe donc simultanément les choux, le mille-feuille, le flan, le Saint-Honoré et la tarte aux fruits. Sa composition explique cette polyvalence : liée à l'amidon et non aux œufs seuls, elle supporte l'ébullition, se conserve deux jours, se travaille froide et se dresse à la poche ; trois choses qu'une crème anglaise ne sait pas faire.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 6 personnes · 783 g préparés, 131 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 9 sur 9.
La crème pâtissière gagne à être préparée la veille pour refroidir complètement et développer tous ses arômes.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Dans une casserole, verser le lait et portez jusqu'à frémissement.
Gratter la/les gousse(s) de vanille avec un couteau, et ajouter les graines ainsi que la cosse de vanille au lait.
Une fois le frémissement atteint, éteindre le feu et laisser infuser la vanille dans le lait pendant 10 minutes.
Séparer les jaunes des blancs. Ne garder que les jaunes d'œuf et les mettre dans un cul de poule (un saladier ou une jatte).
Ajouter le sucre à la préparation et battre vigoureusement avec un fouet jusqu'à ce que le mélange ne blanchisse et que les cristaux de sucre soient dissous.
C’est prêt quand : Le mélange blanchit, devient légèrement mousseux et double presque de volume.
Ajouter progressivement la fécule de maïs (ex : maïzena) ou de la farine, au mélange jaune d'œufs et sucre. La farine nécessitera un peu plus de cuisson par rapport à la féculé de maïs.
Mélanger délicatement de façon à ne pas former de grumeaux.
Une fois que le mélange est bien homogène, verser la moitié du lait parfumé à la vanille encore chaud sur l'appareil à crème.
Mélanger d'abord délicatement puis de façon plus énergique pour bien détendre la crème. Lorsque la crème est bien souple, la reverser dans la casserole avec la moitié de lait restante.
Replacer la casserole sur feu moyen. Mélanger sans cesse (au fouet) jusqu'à l'apparition des premiers bouillons, qui coincide avec l'épaississement de la crème. Cette dernière doit rester souple. Ne pas hésiter à bien racler le fond de la casserole pour éviter que la préparation n'accroche et ne fasse des grumeaux.
C’est prêt quand : La crème s'épaissit brusquement et nappe lourdement le fouet dès les premiers bouillons.
Lorsque la crème est suffisament cuite, éteindre le feu et continuer à la fouetter pour qu'elle refroidisse plus rapidement.
Pour éviter qu'une croûte sèche ne se forme à la surface, tamponner la crème avec le beurre. Ainsi, la crème restera bien souple et brillante.
0 / 12 étapes terminées
Pourquoi : Le feu était trop vif ou le mélange n'a pas été fouetté de manière constante, provoquant une coagulation locale et rapide des protéines de l'œuf. (Coagulation de l'œuf)
Rattrapage : Passer immédiatement la crème chaude au chinois ou la mixer brièvement au mixeur plongeant pour lisser sa texture.
Pourquoi : La cuisson n'a pas été assez longue pour permettre à l'amidon de gélifier complètement, ou l'amylase des jaunes d'œufs a dégradé l'amidon en l'absence d'ébullition. (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Remettre la crème à cuire à feu doux en fouettant constamment jusqu'à l'apparition d'une ébullition franche pour activer la gélification.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : film alimentaire au contact dans un récipient hermétique
Réchauffage : Se consomme froide. Après réfrigération, la fouetter énergiquement pour lui redonner sa texture lisse et souple.
Ne se congèle pas sous peine de déphasage et de rejet d'eau à la décongélation.
Ajouter 100 g de chocolat noir haché directement dans la crème chaude en fin de cuisson et mélanger jusqu'à fusion complète.
Remplacer intégralement la farine par de la fécule de maïs (Maïzena).

C'est l'amidon qui distingue cette crème de la crème anglaise, faite des mêmes quatre ingrédients. Il gélatinise vers 85 °C et enrobe les jaunes, ce qui les empêche de granuler : la crème pâtissière peut donc bouillir, s'épaissir jusqu'à se tenir à la poche, et se garder deux jours. Trois choses qu'une crème anglaise ne sait pas faire.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Les cinq jaunes coagulent dès 65 °C : sans l'amidon qui les protège en s'interposant, ils feraient des grains d'omelette. Le fouettage constant et le tempérage avec la moitié du lait chaud servent exactement à cela.
Les protéines de l'œuf figent entre 62 et 85 °C : c'est ce qui lie crèmes, flans et appareils à quiche, et ce qui granule si on surchauffe.

Les 10 minutes hors du feu avec la gousse fendue et les grains extraient bien plus d'arômes qu'une simple ébullition : les molécules de la vanille sont solubles dans la matière grasse du lait et ont besoin de temps, pas de chaleur violente.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

Le sucre posé sur des jaunes crus en pompe l'eau par osmose et les fait « brûler » : les protéines se rétractent en grains fermes. D'où le fouettage immédiat de l'étape 6.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

Jaunes et sucre fouettés jusqu'à ce que le mélange pâlisse et fasse le ruban : le sucre y est dissous, condition pour qu'il ne fasse pas de grains ensuite.

Gousse fendue et grains dans le lait frémissant, puis 10 minutes à couvert hors du feu : la gousse elle-même reste, elle porte autant de parfum que les grains.

Le geste que la recette oublie : un chinois entre la casserole et le plat de refroidissement, et la crème est parfaitement lisse.

Même logique qu'une sauce à l'amidon : on fouette sans arrêt jusqu'à l'ébullition, puis on maintient une minute pour que la liaison soit stable.
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