
Kesra (galette algérienne de semoule à la poêle)

La galette de semoule du quotidien : trois ingrédients, un repos court, et une cuisson à sec sur une plaque brûlante.
La kesra n'a pas de levain et pourtant elle gonfle. Ce qui la soulève est la vapeur : la pâte contient environ 45 % de son poids en eau, et posée sur une plaque à 220 °C, la face en contact prend en quelques secondes une croûte étanche. L'eau piégée dessous se vaporise, prend sept cents fois son volume, et cherche à sortir ; ne pouvant plus traverser la croûte, elle décolle le disque en une cloque au centre. Le retourner à ce moment cuit la seconde face avant que la cloque ne retombe, et la galette garde une poche d'air. La plaque doit donc être très chaude avant que la pâte n'arrive. Sur une poêle tiède, l'eau s'évapore lentement par la surface au lieu d'être piégée : la galette sèche sans gonfler et devient un biscuit. C'est le même principe que la pita, le naan ou la tortilla de blé, et le même mode de ratage. La semoule fine est hydratée à l'eau tiède plutôt que froide. Les grains de semoule sont des fragments d'endosperme durs, qui boivent lentement ; à 40 °C, l'eau pénètre nettement plus vite, et le repos de vingt minutes suffit à ce que le cœur des grains soit gorgé. Une pâte pétrie à l'eau froide et cuite aussitôt reste sableuse sous la dent, avec des grains secs au milieu.
Difficulté: 1/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 684 g préparés, 171 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 5 sur 5.
La kesra se mange tiède, le jour même : c'est un pain de repas.
Cuites et congelées, elles se réchauffent deux minutes à la poêle.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Mélanger la semoule fine et le sel. Verser l'huile d'olive et sabler du bout des doigts, puis ajouter l'eau tiède progressivement et pétrir 8 minutes jusqu'à une pâte souple.
Couvrir et laisser reposer 20 minutes : le temps que le cœur des grains soit gorgé d'eau, sans quoi la galette reste sableuse.
C’est prêt quand : La pâte est souple, non collante, et se roule en boule sans se fendre.
Diviser en 4 boules et les aplatir à la main en disques de 18 cm et 5 mm d'épaisseur. Piquer légèrement à la fourchette.
Chauffer une poêle en fonte ou une plaque à feu vif, à sec, jusqu'à ce qu'une goutte d'eau y danse.
C’est prêt quand : Les disques font cinq millimètres et gardent leur bord net.
Cuire chaque galette 2 minutes par face, puis retourner à nouveau une fois : elle doit gonfler au centre et se tacher de brun. Empiler sous un torchon.
C’est prêt quand : La galette se gonfle par le centre et se tache de brun sur les deux faces.
0 / 5 étapes terminées
Pourquoi : Repos écourté, le cœur des grains encore sec. (Imbibition et capillarité)
Rattrapage : Vingt minutes sous un linge avant de façonner.
Pourquoi : Poêle pas assez chaude. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Attendez qu'une goutte d'eau y danse, et n'ajoutez pas de matière grasse.
Pourquoi : Galette trop épaisse. (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Cinq millimètres, pas dix : la chaleur ne va pas plus loin en quatre minutes.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : torchon propre
Réchauffage : Deux minutes à la poêle sèche, qui lui rend sa souplesse.
Deux jours sous un linge, mais elle durcit vite : c'est un pain du jour.
Un peu de levure et un repos d'une heure, pour une galette plus épaisse et moelleuse.
Une poignée de persil ou de ciboulette ciselés dans la pâte.
La recette l'est déjà : semoule, eau, sel et huile d'olive.
Un thé à la menthe, pour le petit-déjeuner

Les vingt minutes de repos laissent l'eau atteindre le cœur des grains de semoule : sans elles, la galette reste sableuse et se casse au retournement.
Un biscuit sec aspire le liquide par capillarité : babas, tiramisu, gâteaux imbibés.

L'huile sablée dans la semoule sèche enrobe chaque grain avant l'eau et limite les liaisons entre eux : c'est ce qui donne à la kesra son grain court plutôt qu'une mie élastique.
Le gras enrobe, attendrit, isole le gluten (pâtes sablées) et transporte les arômes.

L'eau de la pâte se vaporise au contact de la fonte brûlante et gonfle la galette par le centre : c'est la preuve que la plaque était assez chaude.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

La fonte restitue sa chaleur d'un coup à la pose, ce qu'une poêle fine ne fait pas : elle refroidit sous la galette et la cuit sans la marquer.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

L'huile travaillée du bout des doigts dans la semoule sèche, jusqu'au sable humide.

Cinq minutes seulement : la semoule n'a pas de gluten à développer.

Vingt minutes sous un linge, le temps que le cœur des grains gonfle.

Deux minutes par face sur une fonte sèche et brûlante, puis un dernier retour.
Batbout (petits pains marocains cuits à la poêle)
mêmes gestes : pétrir, laisser reposer la pâte · même aliment : semoule fineMsemen (crêpes feuilletées marocaines)
mêmes gestes : pétrir, laisser reposer la pâte · même aliment : semoule fineDamper (pain australien de brousse cuit sans levure)
mêmes gestes : sabler, pétrir · même principe : transferts de chaleurBroa de milho (pain de maïs portugais)
mêmes gestes : pétrir, laisser reposer la pâte · même principe : séchage et croustillantPastels au thon (chaussons frits sénégalais)
mêmes gestes : sabler, laisser reposer la pâte · même principe : matières grasses et texturePan con tomate (pain grillé frotté à la tomate et à l'ail)
même geste : griller · même principe : imbibition et capillarité