
Ají amarillo (pâte de piment jaune péruvien)
L'ají amarillo est moins un piment fort qu'un piment parfumé : c'est lui qui donne aux plats péruviens leur jaune orangé et leur goût fruité.
4 recettes du site en utilisent.
La fiche
- Saison
Toute l’année
rien à attendre
- Se garde
1.5 ans
2 mois une fois entamé
- Empreinte carbone
1,2kg CO₂e / kg
Modérée pour un ingrédient brut
- Calories
90kcal
pour 100 g
- Composition
- Protéines1,5 gGlucides10 gdont 6 g de sucresLipides4 gdont 0,6 g saturésFibres3 gEau et reste81,5 gSel2,5 g
pour 100 g, source estimation, fiabilité moyenne
- Prix
- €€€
cher
Bien le choisir
En France, il se trouve presque toujours en pâte, en pot, et c'est la forme la plus commode : cette pâte est faite de piments frais épépinés, blanchis et mixés, et une cuillerée remplace deux piments. Lisez la liste des ingrédients, qui doit tenir en deux lignes : piment, huile, sel, éventuellement un acidifiant. Les pots dont la couleur tire sur le rouge, ou dont la liste comporte du colorant et de l'amidon, donnent la teinte sans le parfum. On trouve aussi le piment entier surgelé, meilleur encore, et le piment séché dit ají mirasol, qui se réhydrate et donne un goût plus profond et plus fumé. La force est modérée, de l'ordre de celle d'un jalapeño : c'est un ingrédient de base et non un condiment de force.
- Une liste courte : piment, huile, sel, rien d'autre
- Un jaune orangé franc, jamais un rouge qui trahit un colorant
- Le surgelé entier quand il existe, il garde le fruité
- Le séché mirasol pour un goût plus profond, à réhydrater
Le garder
Le pot non ouvert se garde au placard jusqu'à sa date. Une fois ouvert, au réfrigérateur, où il tient un à deux mois à condition de lisser la surface et de la couvrir d'un film d'huile après chaque usage : c'est le contact avec l'air qui le fait brunir et moisir, pas le froid. Prélevez toujours avec une cuillère propre. Pour un usage occasionnel, la bonne réponse est le congélateur : une cuillerée par empreinte dans un moule à glaçons, puis les cubes dans un sachet, et il se garde un an sans rien perdre. Les piments séchés tiennent un an dans un bocal à l'abri de la lumière ; ils deviennent cassants et perdent leur parfum bien avant de s'abîmer.
Les gestes qui changent tout
La faire revenir dans l'huile avant tout le reste
Dans une huancaína comme dans un ají de gallina, la pâte part dans l'huile chaude avec l'oignon et l'ail et cuit deux à trois minutes, jusqu'à ce que l'huile soit uniformément orange. Ajoutée en fin de cuisson ou dans un liquide froid, elle garde un goût cru et végétal, et sa couleur reste en surface au lieu de teindre la sauce.
Les membranes décident de la force, pas la chair
Sur un piment entier, frais ou réhydraté, la capsaïcine est concentrée dans les membranes blanches qui portent les graines et non dans la chair. Les retirer donne la couleur et le fruité sans la brûlure, ce que font systématiquement les cuisines péruviennes ; en garder une partie permet de régler la force sans changer la quantité de piment, donc sans changer le goût.
Goûter avant de doser, d'un pot à l'autre
La force varie beaucoup selon la marque et la récolte, du très doux au franchement piquant, pour une même couleur. Commencez par une cuillerée à soupe pour quatre, goûtez la sauce une fois l'huile colorée, et corrigez à ce moment là : une fois la crème ou le lait ajoutés, le piquant se perçoit mal dans la casserole et se révèle dans l'assiette.
L’activer et la garder vivante
La couleur et l'essentiel du parfum de l'ají amarillo tiennent à des caroténoïdes et à des composés liposolubles, qui ne se diffusent pas dans l'eau : la pâte jetée dans un bouillon reste un point orange au fond de la casserole. Deux minutes dans l'huile chaude avec l'oignon et l'ail, en revanche, et le gras se colore entièrement et porte le goût dans tout le plat.
Son profil et ses molécules
Cru, il est herbacé et vert. Cuit dans un corps gras, il devient fruité et presque abricoté, et c'est cet état que cherchent les sauces péruviennes. Séché, il gagne une note fumée et perd le végétal.