Pierre à pizza (plaque réfractaire)
Plaque de pierre, de céramique ou d'acier que l'on préchauffe longuement dans le four : elle accumule la chaleur et la restitue d'un coup sous la pâte, ce qui donne une base cuite et un bord gonflé impossibles à obtenir sur une plaque froide.
📚 Pour aller plus loin
Le four domestique a un défaut structurel pour la pizza : sa sole n'est que de la tôle mince et de l'air, qui cèdent leur chaleur en une seconde puis refroidissent sous la pâte. La plaque réfractaire résout cela par la masse. Un ou deux centimètres de pierre longuement chauffés stockent une réserve considérable, et quand la pâte humide arrive, la surface peut céder beaucoup d'énergie d'un coup sans chuter : l'eau du pâton se vaporise, la base se soulève et se fixe avant que la garniture ait fini de fondre.
Le préchauffage n'est donc pas celui du four mais celui de la pierre, et il est long : quarante-cinq minutes à une heure au maximum du thermostat, alors que l'affichage annonce la température voulue depuis un quart d'heure déjà. L'acier, plus conducteur, marque davantage la base en moins de temps, au risque de la brûler ; la pierre, plus lente, laisse une marge d'erreur plus large. Dans les deux cas on la place haut, pour que la voûte cuise le dessus au même rythme.
Elle vit mal l'eau et les écarts brusques. Poreuse, elle boit ce qu'on y verse, savon compris, qui ressortira à la cuisson suivante ; humide et mise à chauffer, elle se fend en séchant de l'intérieur. On la gratte à sec, on la laisse dans le four et on accepte les taches sombres, qui ne sont que du gras cuit. La fissure classique vient de l'inverse : un plat sorti du congélateur posé sur la pierre brûlante.