
Un fromage en grains qui ne couine pas sous la dent n'est plus du fromage en grains : c'est du cheddar jeune, bon, mais qui ne fera pas une poutine.
2 recettes du site en utilisent. On en trouve surtout dans la cuisine canadienne.
Toute l’année
rien à attendre
1 mois
5 jours une fois entamé
6kg CO₂e / kg
Élevée pour un ingrédient brut
371kcal
pour 100 g
pour 100 g, source estimation, fiabilité moyenne
cher
Le grain est un caillé de cheddar arrêté avant le pressage et avant l'affinage, et sa qualité se mesure en heures. Frais du jour, il couine, parce que ses fibres de caséine sont encore intactes et frottent contre l'émail. Passé deux ou trois jours, le réseau se détend, le couinement s'en va et ne revient jamais. Cherchez donc la date de fabrication plutôt que la date limite, un sachet vendu à température ambiante par une fromagerie qui le tourne vite, et des grains blancs ou orangés, irréguliers, un peu gras au toucher. Un grain cassant, sec ou grisé a vieilli ; un grain sorti du réfrigérateur ne couine pas non plus, mais lui se rattrape en le laissant revenir une heure sur le plan de travail.
À température ambiante tant qu'il sera mangé dans la journée, ce qui est la seule façon de garder le couinement. Le réfrigérateur ne l'abîme pas, il l'endort : le gras se fige, les fibres se raidissent et le grain devient muet. Vingt à trente minutes sur le plan de travail le réveillent en partie, jamais complètement. Au froid, dans son sachet fermé, il tient quatre à cinq jours avant de sécher et de durcir sur les bords. Il se congèle, et c'est un usage honnête pour la cuisson : décongelé, il ne couine plus du tout mais fond aussi bien qu'avant sur des frites brûlantes. Un grain qui baigne dans un liquide trouble ou qui pique au nez est à jeter.
Le sortir du froid une heure avant
Le couinement est mécanique : il vient des fibres de caséine du caillé, qui frottent contre les dents quand elles sont souples. Froides, prises dans un gras figé, ces fibres sont raides et le grain se contente d'être ferme. Une heure à température ambiante lui rend l'essentiel de sa texture, et c'est à peu près la seule préparation qu'une poutine réclame.
La sauce brûlante par-dessus, jamais le grain dans la sauce
Sur une poutine, le grain ne doit pas fondre mais s'attendrir : posé sur les frites chaudes et arrosé d'une sauce bouillante, il se ramollit au cœur en gardant sa forme. Mijoté dans la sauce, il rend son gras, s'affaisse et devient élastique. L'ordre de montage n'est donc pas décoratif, c'est lui qui décide de la texture finale.
Le gratiner, c'est le perdre
Passé au four, le grain se rétracte, expulse son gras et laisse une flaque huileuse autour d'une masse caoutchouteuse : la caséine se resserre bien avant la fin d'un gratin. Pour un plat qui doit dorer longtemps, prenez un cheddar affiné, qui est fait pour ça, et gardez le grain pour ce qu'il sait faire, la poutine et le grignotage à la main.
Souple sous la dent, il couine franchement et se casse en morceaux irréguliers.
L'état pour lequel il existe : poutine, grignotage. C'est aussi le seul dans lequel son goût de lait frais se perçoit.
Ferme, muet, presque neutre : le gras figé bloque les fibres qui produisent le couinement.
À laisser revenir une heure. En cuisson, aucune importance, le fromage fond de la même façon.