
Poutine traditionnelle

Des frites maison, du fromage en grains frais et une sauce brune brûlante versée par-dessus. Les trois éléments comptent autant l'un que l'autre, et c'est la température de la sauce qui décide si la poutine est réussie.
La poutine est née dans les casse-croûte du Centre-du-Québec à la fin des années 1950, et la querelle de paternité entre Warwick et Drummondville n'est toujours pas tranchée. Ce qui l'est, en revanche, c'est la mécanique du plat. Le fromage en grains doit être du jour : au-delà de vingt-quatre heures il perd son crissement sous la dent, qui est la signature du plat, et le froid le tue aussi sûrement que le temps, donc il sort du réfrigérateur une heure avant. La sauce doit arriver très chaude, autour de 85 °C, pour attendrir les grains sans les fondre complètement ; tiède, elle laisse un fromage caoutchouteux, bouillante, elle en fait une flaque. Les frites sont cuites deux fois, une première à 150 °C pour cuire le cœur et une seconde à 180 °C pour la croûte, parce qu'une frite molle se noie dans la sauce en trente secondes. L'ordre de montage n'est pas décoratif non plus : frites, fromage, sauce, et le plat se sert immédiatement. Une poutine qui attend est une poutine perdue.
Difficulté: 2/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 283 g préparés, 571 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 6 sur 6.
Étape 2 — Les bâtonnets rincés se conservent une nuit dans l'eau froide au réfrigérateur. Séchez-les très soigneusement avant de frire.
Étape 4 — La sauce brune se garde trois jours et se réchauffe au fouet avec une cuillère d'eau.
Étape 5 — Le premier bain se fait à l'avance : c'est même la méthode des cantines, et les frites n'en sont que meilleures.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Sortez le fromage en grains du réfrigérateur et laissez-le revenir à température ambiante pendant une heure. Froid, il ne s'assouplira pas sous la sauce.
Épluchez les pommes de terre et taillez-les en bâtonnets d'un centimètre de côté. Rincez-les à l'eau froide jusqu'à ce qu'elle reste claire, puis séchez-les soigneusement dans un linge.
Faites fondre le beurre dans une casserole, versez la farine d'un coup et laissez le roux blondir trois minutes en remuant : il doit sentir la noisette et prendre une couleur de miel foncé.
C’est prêt quand : Le roux sent la noisette et a pris la couleur d'un miel de châtaignier. Blond pâle, il est trop tôt.
Versez l'eau chaude petit à petit sur le roux en fouettant, ajoutez le bouillon de bœuf, la sauce Worcestershire et le poivre, et laissez épaissir dix minutes à feu doux. Gardez la sauce très chaude jusqu'au service.
C’est prêt quand : La sauce nappe le dos d'une cuillère et le trait d'un doigt y reste net.
Chauffez l'huile à 150 °C et plongez les frites cinq minutes, sans les colorer. Égouttez et laissez reposer dix minutes.
C’est prêt quand : Les frites sont souples et parfaitement blondes, sans la moindre coloration.
Remontez l'huile à 180 °C et replongez les frites deux à trois minutes, jusqu'à ce qu'elles soient dorées et fermes. Égouttez, salez aussitôt.
C’est prêt quand : Elles dorent, durcissent et le bruit de la friture change : il devient plus sec et plus aigu.
Montez dans cet ordre et sans attendre : les frites au fond du bol, le fromage en grains par-dessus, puis la sauce brûlante versée en filet pour que chaque grain soit touché. Servez immédiatement.
C’est prêt quand : Le fromage commence à filer au bout de quelques secondes sous la sauce, sans fondre complètement.
0 / 7 étapes terminées
Pourquoi : La sauce n'était pas assez chaude, ou les frites ont attendu après le second bain. (Séchage et croustillant)
Rattrapage : Rien à sauver dans l'assiette. La fois suivante, montez dans les trente secondes qui suivent l'égouttage, avec une sauce à gros frémissements.
Pourquoi : Il sortait du réfrigérateur, ou la sauce a refroidi pendant le montage. (Dénaturation des protéines)
Rattrapage : Une heure à température ambiante pour le fromage, et gardez la sauce sur le feu jusqu'au dernier moment.
Pourquoi : Le roux n'a pas assez cuit avant d'être mouillé.
Rattrapage : Laissez la sauce mijoter dix minutes de plus à feu doux, ce qui atténue le défaut sans l'effacer. Le vrai remède est au roux.
Pourquoi : Ils n'ont pas été rincés, ou pas assez séchés : l'amidon de surface les soude.
Rattrapage : Séparez-les à l'écumoire, et rincez jusqu'à eau claire la prochaine fois.
Pourquoi : Le liquide a été versé trop vite, ou froid sur un roux chaud. (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Passez-la au chinois, elle sera parfaitement lisse.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : boîte hermétique, sauce et frites séparées
Réchauffage : La poutine montée ne se réchauffe pas. Gardez la sauce au réfrigérateur et repassez les frites deux minutes dans l'huile à 180 °C avant de remonter.
Les frites blanchies du premier bain se gardent deux jours au froid et peuvent même être congelées à plat.
La sauce brune au bœuf cède la place à une sauce aux champignons rôtis : c'est la poutine végétarienne de ce site.
Poulet effiloché et petits pois par-dessus le fromage, avant la sauce. Le nom vient de la galvaude, le plat des fins de semaine.
Frites surgelées cuites au four pour les soirs pressés : la texture n'y est pas, mais la sauce brûlante fait beaucoup du travail.
Une bière blonde très fraîche, dont l'amertume coupe le gras de la sauce
Une salade de chou acidulée, servie à part et jamais dans le bol
Un dessert au sirop d'érable, pour rester dans le registre

Le premier bain à 150 °C cuit le cœur du bâtonnet sans le colorer : l'amidon gonfle et gélatinise, et c'est cette chair cuite qui restera moelleuse sous la sauce. Un seul bain à 180 °C dore l'extérieur avant que l'intérieur soit cuit, et la frite s'effondre dès qu'elle est mouillée.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le second bain ne cuit plus, il sèche : l'eau de surface part en vapeur et laisse une croûte d'amidon déshydraté. Le rinçage et le séchage au linge avant friture servent le même but, retirer l'amidon libre qui collerait les bâtonnets entre eux.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Le roux poussé jusqu'à la couleur de miel foncé est ce qui donne à la sauce brune son goût. Un roux blanc mouillé au bouillon donne une sauce épaisse et plate : les trois minutes de coloration ne sont pas une étape d'attente.
Brunissement et arômes des aliments riches en protéines et sucres saisis à haute température (> 140 °C) : croûte du pain, viande saisie, oignons dorés.

La sauce doit être brûlante au montage, pas chaude. Le fromage en grains ne fond pas vraiment, il s'assouplit sous le choc thermique et commence à filer. Versée à 70 °C, la sauce laisse des grains froids et caoutchouteux.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

C'est aussi pourquoi le fromage sort du réfrigérateur une heure avant : à 4 °C ses protéines sont trop rigides pour s'assouplir dans les quelques secondes où la sauce reste très chaude.
La chaleur, l'acide ou le fouettage déplient les protéines et changent la texture (viande qui raffermit, poisson qui « cuit » au citron).

Des bâtonnets d'un centimètre de côté, réguliers : deux calibres dans la même friture donnent des frites brûlées et des frites crues.

Deux bains, à 150 puis 180 °C, avec dix minutes de repos entre les deux.

Beurre fondu, farine d'un coup, trois minutes de cuisson avant de mouiller.

Eau chaude versée petit à petit sur le roux, au fouet, pour éviter les grumeaux.

Dissoudre les sucs de cuisson avec un liquide pour en faire une sauce.
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