La cuisine du Frioul
Trois frontières dans une assiette : le jambon de San Daniele, le montasio fondu en galette, la choucroute des Slovènes et le goulasch de Trieste, port de l'empire d'Autriche.
📚 Pour aller plus loin
Le Frioul-Vénétie Julienne touche l'Autriche et la Slovénie, et Trieste a été jusqu'en 1918 le débouché maritime de l'Empire austro-hongrois. Sa cuisine additionne les trois traditions sans les mélanger : on y mange une jota (haricots, choucroute et pommes de terre) qui est slovène, un gulasch qui est hongrois, et un prosciutto di San Daniele qui n'est rien d'autre qu'italien.
Le frico est le plat qui résume la région. Dans sa version friable, c'est du montasio râpé simplement fondu et laissé caraméliser en dentelle : les protéines du fromage coagulent, l'eau s'évapore, le lactose brunit, et il ne reste qu'un disque cassant. Dans sa version moelleuse, on ajoute des pommes de terre râpées et des oignons, et c'est un dîner complet. Le montasio se remplace par un jeune asiago ou, à défaut, par un comté de douze mois.
Les vins blancs du Collio et du Colli Orientali, tocai friulano, ribolla gialla, sont parmi les meilleurs d'Italie, et la région a inventé les vins « orange » modernes en macérant les blancs sur peaux. La gubana, un roulé briochée aux noix, aux raisins et à la grappa, ferme les repas de fête.
Le placard de base
Les plats emblématiques
Ce que la région met sur la table quand elle veut se montrer. En couleur, ceux que nous avons cuisinés ; les autres sont encore à faire.