
Tiella barese (gratin de riz, pommes de terre et moules de Bari)

Riz, pommes de terre et moules crues montés en couches et cuits au four sans jamais remuer. Le riz cuit dans le jus des moules, et c'est ce jus qui assaisonne tout le plat.
La tiella est d'abord un plat au sens de l'ustensile : un récipient de terre cuite large et bas, du latin tegula. Le contenu a suivi, et à Bari il est fixé depuis le XVIe siècle, quand les Pouilles étaient espagnoles : riz, pommes de terre et moules, un cousin lointain de la paella arrivé avec les Aragonais. Le riz y est cru, les moules aussi, ouvertes au couteau et laissées dans leur demi-coquille pour que leur jus tombe dans le plat. Rien ne se remue : le riz cuit par absorption, comme un pilaf, et une cuillère qui passerait dedans libérerait l'amidon et ferait un risotto. La règle barese tient en une phrase : le riz ne doit toucher ni le fond ni le dessus, il lui faut une couche de pommes de terre de chaque côté, sinon il brûle en bas et sèche en haut.
Difficulté: 3/5
Recette originale prévue pour 4 personnes · 2 942 g préparés, 736 g par personne
⚠️ Allergènes :
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 11 sur 11.
Étape 2 — Les moules s'ouvrent et le jus se filtre quelques heures avant, tous deux gardés au frais et couverts.
Étape 5 — Le hachis persil, ail et pecorino se prépare à l'avance et attend au frais dans un bol filmé.
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Grattez les moules, arrachez les byssus et lavez-les à grande eau froide. Écartez celles qui restent ouvertes après un choc sur le plan de travail.
Ouvrez-les crues une à une en glissant la lame d'un couteau d'office entre les valves. Gardez chaque moule dans sa demi-coquille et recueillez le jus dans un bol, que vous filtrerez à l'étamine.
C’est prêt quand : Chaque moule est restée dans sa demi-coquille, chair intacte, et vous avez recueilli au moins 10 cl de jus clair.
Épluchez les pommes de terre et taillez-les en rondelles de 3 mm à la mandoline. Émincez les oignons, coupez la courgette en rondelles fines et les tomates en tranches.
C’est prêt quand : Les rondelles de pommes de terre sont d'épaisseur identique et translucides à contre-jour.
Rincez brièvement le riz à l'eau froide et égouttez-le : vous enlevez la poussière d'amidon de surface sans le laver, il en faut encore pour lier.
Hachez ensemble le persil et l'ail, mélangez-les au pecorino râpé.
Préchauffez le four à 190 degrés.
Huilez un plat à gratin et montez dans l'ordre : oignons et courgette, une couche de pommes de terre, les moules en demi-coquille côté chair vers le haut, le riz cru répandu entre elles, les tomates, le mélange persil-ail-pecorino, et enfin une dernière couche de pommes de terre en tuiles. Salez et poivrez chaque couche légèrement et arrosez d'huile.
C’est prêt quand : La dernière couche de pommes de terre couvre entièrement le riz, en tuiles qui se chevauchent.
Versez le jus des moules filtré complété d'eau froide jusqu'à affleurer la dernière couche sans la recouvrir, poudrez du reste de pecorino et enfournez à 190 degrés. Ne remuez jamais : au bout d'une heure le riz a tout bu et le dessus est doré.
C’est prêt quand : Le dessus est doré et croustillant, il n'y a plus de liquide libre quand vous inclinez le plat, et le riz est fondant sous la dernière couche.
Sortez le plat et laissez-le reposer avant de servir : le riz finit d'absorber le peu de liquide restant et les parts se tiennent à la cuillère.
0 / 9 étapes terminées
Pourquoi : Pas assez de liquide, ou une couche de riz trop épaisse. (Gélatinisation de l'amidon)
Rattrapage : Le liquide doit affleurer la dernière couche. Si vous le constatez en cours de cuisson, versez 5 cl d'eau bouillante par le bord du plat, sans remuer.
Pourquoi : Il touchait le plat directement, sans couche de pommes de terre en dessous. (Transferts de chaleur)
Rattrapage : Respectez l'ordre du montage : oignons, pommes de terre, puis seulement le riz. C'est la règle barese et elle a une raison.
Pourquoi : Il a été remué en cours de cuisson.
Rattrapage : Rien ne se rattrape. La tiella se monte, s'enfourne et ne se touche plus jusqu'à la sortie.
Pourquoi : Le jus des moules n'a pas été filtré, ou les coquilles ont été mal grattées.
Rattrapage : Filtrez systématiquement à l'étamine et lavez les moules à grande eau froide en les frottant les unes contre les autres.
Le même problème, ailleurs sur le site :
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Comment : plat couvert ou boîte hermétique
Réchauffage : Vingt minutes au four à 180 °C, couvert d'un papier les dix premières minutes pour que le riz ne sèche pas.
Ne congelez pas ce plat : les moules deviennent caoutchouteuses et les pommes de terre farineuses. Il se mange tiède le jour même, ou froid le lendemain, ce qui est une habitude locale.
La version la plus stricte de Bari, sans courgette : seulement oignons, pommes de terre, moules, riz et tomates. Le goût des coquillages ressort davantage.
Les moules remplacées par 400 g de champignons de Paris émincés et un bouillon de légumes à la place du jus. Ce n'est plus une tiella barese, mais le principe des couches et de l'absorption tient.
Une poignée de chapelure grossière mêlée au pecorino sur le dessus, comme dans certaines familles : la croûte est plus épaisse et plus craquante.
Un Locorotondo blanc, sec et salin
Des moules crues au citron, si elles sont d'une fraîcheur irréprochable
Une salade de tomates et d'oignon rouge à l'origan

Le riz est cru et cuit par absorption, dans le jus des moules et l'eau qui affleure. Rien ne se remue : une cuillère qui passerait dedans libérerait l'amidon de surface et transformerait la tiella en risotto.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Le riz ne doit toucher ni le fond ni le dessus : il lui faut une couche de pommes de terre de chaque côté. Sans elles il brûle en bas, au contact du plat, et sèche en haut, exposé à l'air du four.
Conduction, convection et rayonnement ne chauffent pas pareil : poêle, four, friture et vapeur donnent des résultats différents.

Les moules sont ouvertes crues au couteau et gardées dans leur demi-coquille pour que leur jus tombe dans le plat. Ouvertes à la chaleur, elles auraient déjà rendu ce jus dans une casserole et le riz cuirait à l'eau.
Le sel ou le sucre attirent l'eau hors des cellules : dégorger un concombre, saumurer une volaille.

L'heure de four à 190 °C laisse au jus salé et iodé le temps de gagner le riz, les pommes de terre et la courgette. C'est le seul assaisonnement fort du plat, et il vient des coquillages.
Les molécules d'arôme migrent du milieu concentré vers le dilué : marinades, thé, bouillons, épices dans une sauce.

Le liquide affleure sans recouvrir la dernière couche : les tuiles de pommes de terre du dessus restent hors de l'eau, dorent et forment la croûte que le pecorino achève.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.

Le jus recueilli à l'ouverture des moules passe à l'étamine : il contient toujours des éclats de coquille et du sable, qui ruineraient le plat.

Pommes de terre en rondelles de 3 mm à la mandoline, courgette et tomates en tranches fines. La régularité décide de la cuisson : une rondelle épaisse reste crue au centre.

Persil et ail hachés ensemble puis mêlés au pecorino râpé : le mélange se répartit d'un geste et parfume toute la couche centrale.

Le liquide est mesuré pour affleurer la dernière couche, et rien n'est ajouté ensuite. Le riz boit tout en une heure, comme un pilaf.

Le plat est généreusement huilé avant le montage : c'est cette huile qui empêche la première couche de pommes de terre d'attacher et qui la fait dorer par en dessous.
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