
Gâteau de Savoie

Gâteau de Savoie
Un gâteau si léger qu'il paraît vide : que des œufs, du sucre et un mélange farine-fécule, sans une once de matière grasse. Il gonfle très haut, retombe un peu, et fond en bouche avec un simple nuage de sucre glace.
L'histoire de la recette
La légende le fait naître en 1348 pour le comte Amédée VI de Savoie, qui voulait offrir à l'empereur Charles IV un gâteau à la forme de ses États — d'où le moule cannelé haut, censé évoquer les massifs. Sans beurre, toute sa tenue vient de la mousse d'œufs : les jaunes battus au ruban d'un côté, les blancs montés de l'autre, et une farine coupée de fécule pour affaiblir le réseau de gluten et garder la mie fragile. C'est pour cela qu'on le cuit doucement à 160 °C et qu'on n'ouvre pas la porte : un gâteau de Savoie qui prend froid en cours de cuisson s'affaisse en galette.
8 personnes
1h20
Difficulté: 3/5
Ingrédients
⚠️ Allergènes :
Ajuster les portions
8
Recette originale prévue pour 8 personnes
Ustensiles nécessaires
Cochez ce que vous possédez déjà — il vous en manque 7 sur 7.
Nutrition, carbone & prix
Préparation de la recette
Instructions détaillées
Cliquez sur chaque étape pour voir les ingrédients concernés
Étape 1
Préchauffez le four à 160 °C.
Étape 2
Beurrez très soigneusement un moule cannelé haut et poudrez-le de sucre en tapotant pour retirer l'excédent : c'est la seule accroche qu'aura la pâte pour grimper.
Étape 3
Séparez les œufs. Fouettez les jaunes avec les deux tiers du sucre et le zeste râpé du citron jusqu'à ce que le mélange blanchisse et fasse un ruban qui met deux secondes à s'effacer.
C’est prêt quand : Le mélange jaunes-sucre a triplé de volume, il est presque blanc et forme un ruban qui reste visible plusieurs secondes.
Étape 4
Incorporez la farine et la maïzena tamisées ensemble, à la maryse, en trois fois.
Étape 5
Montez les blancs avec le sel, serrez-les avec le sucre restant, puis incorporez-les en trois fois : le premier tiers vigoureusement pour détendre la pâte, les deux autres en soulevant délicatement.
Étape 6
Versez dans le moule aux deux tiers et enfournez 40 minutes à 160 °C, sans ouvrir la porte avant les 30 premières minutes. Le gâteau doit être bombé, doré et se rétracter légèrement des parois.
C’est prêt quand : Le gâteau est bien bombé, blond doré, et se rétracte légèrement des parois ; la lame ressort sèche.
Étape 7
Démoulez tiède sur une grille et poudrez de sucre glace juste avant de servir.
Progression
0 / 7 étapes terminées
Ça n’a pas marché ?
Pourquoi : Les blancs ont été cassés à l'incorporation, ou le four a été ouvert trop tôt. (Stabilité des mousses)
Rattrapage : Maryse, trois fois, mouvement de bas en haut — et porte fermée pendant 35 minutes.
Pourquoi : Chemisage insuffisant sur les cannelures, ou démoulage à froid.
Rattrapage : Beurrez au pinceau jusque dans les creux, sucrez, et démoulez cinq minutes après la sortie du four.
Vous avez innové dans la manière de foirer cette recette ? Racontez-nous : on cherche avec vous ce qui s’est passé, et si on trouve, ça rejoint cette rubrique pour les suivants.
Après la recette
🥡 Conservation et réchauffage
Comment : boîte hermétique ou linge
Sans matière grasse, il sèche plus vite que les autres gâteaux : mangez-le dans les deux jours.
🔄 Variantes
Biscuit de Savoie au citron
Le zeste de deux citrons dans les jaunes et un glaçage au sucre glace : c'est la version qui se garde le mieux en bouche.
Version sans lactose
Elle l'est déjà : ni beurre, ni lait. Remplacez simplement le beurre du moule par de l'huile neutre.
🍽️ Avec quoi le servir
Un verre de vin de Savoie moelleux, ou un thé nature
Pour aller plus loin
🧪 La chimie et la physique de la recette

Foisonnement
Aucune matière grasse, aucune levure : tout le volume vient de l'air battu dans les jaunes puis dans les blancs. Un gâteau de Savoie est une mousse d'œuf cuite, et rien d'autre.
Incorporer de l'air en fouettant : blancs en neige, chantilly, sabayon — le volume, c'est de l'air emprisonné.

Stabilité des mousses
Sans beurre pour alourdir la pâte, les bulles d'air sont fragiles et n'ont que les protéines de l'œuf pour tenir. D'où l'incorporation à la maryse, en trois fois, sans jamais fouetter.
Protéines et sucres stabilisent les bulles d'air ; une trace de gras (jaune d'œuf) empêche les blancs de monter.

Gélatinisation de l'amidon
La moitié de la farine est remplacée par de la maïzena, qui n'a pas de gluten : la mie reste aérienne et fondante au lieu de devenir élastique.
Chauffé en milieu humide, l'amidon gonfle et épaissit : béchamel, crème pâtissière, risotto.

Séchage et croustillant
La cuisson est longue et douce, à 160 °C : plus chaud, la croûte se forme avant que l'air n'ait fini de se dilater, et le gâteau se fend puis s'affaisse.
Le croustillant naît du départ de l'eau en surface ; couvrir ou entasser fait ramollir.
🔪 Les techniques utilisées

Blanchir œufs et sucre
Jaunes et sucre battus longtemps, jusqu'au triple de volume et au blanc cassé : c'est la moitié de la structure du gâteau.

Monter les blancs en neige
Fermes mais souples, serrés avec une cuillerée de sucre : des blancs secs se déchirent et laissent des grumeaux blancs dans la mie.

Incorporer délicatement
En trois fois, à la maryse, en soulevant du fond vers le haut en tournant le saladier. Chaque tour de trop coûte du volume.

Chemiser un moule
Beurre puis sucre — pas de farine : le sucre donne une croûte fine et croquante caractéristique du gâteau de Savoie.
💡 Conseils supplémentaires
- Tamisez farine et maïzena ensemble : sur une pâte aussi légère, un grumeau ne se rattrape pas au fouet.
- N'ouvrez pas le four avant 35 minutes. Ce gâteau retombe comme un soufflé.
- Le moule à cannelures traditionnel n'est pas décoratif : il multiplie la surface de contact et fait mieux monter la pâte.
- Il est fait pour être trempé — dans un thé, un vin doux, une crème anglaise. Servi nu, il paraît un peu sec, et c'est normal.